Architecture de la Reconstruction - Joux-la-Ville

89440 Joux-la-Ville

Architecture du XXe dans l’Yonne

L’architecture et la largeur inhabituelle des rues principales de plusieurs villages icaunais sont le résultat d’une histoire singulière : non pas celle, tragiquement commune, des bombardements qui ont profondément marqué les paysages urbains d’Auxerre, Nevers ou Châtillon-sur-Seine, mais plutôt celle d’un transport militaire original par l’armée d’occupation. En 1943, l’état-major allemand, voulant anticiper un éventuel débarquement en Méditerranée, décida de faire transiter des vedettes rapides et des barges de débarquement par l’intérieur du territoire. Venant des côtes de la Manche, le convoi suivit d’abord les voies navigables jusqu’à Auxerre, mais dut emprunter la route pour rejoindre la Saône en raison de la taille des écluses. Les embarcations atteignaient en effet soixante mètres de long, dix mètres de haut et de large, pour un poids d’une centaine de tonnes. Un tunnel trop étroit sur la RN 6 obligea à trouver un autre itinéraire entre Auxerre et Avallon. Des travaux d’aménagement furent donc réalisés en urgence par plus de 1600 personnes : des dizaines de maisons furent ainsi démolies pour permettre l’élargissement de la route. Joux-la-Ville fut le village le plus touché (avec Nitry, Lichères-près-Aigremont, Saint-Bris-le-Vineux, etc). D’avril à juin 1943, les convois gigantesques transitèrent par la région, avant d’être finalement détruits, semble-t-il, par l’aviation alliée. La poste (1953) témoigne de cet épisode qui engendra, comme dans de nombreuses villes endommagées par la guerre, une reconstruction marquée par un attachement aux matériaux et à l’esprit du territoire.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

Programme

Reconstruction de maisons et la poste

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

Non communiqué

Coûts

Non communiqué

Crédit photos

CAUE 71

Date de mise à jour

02/01/2017