Cabane de pêcheurs - Flée

Lac de Pont, chemin de Creule, 21140 Flée

Architecture du XXe en Côte d’Or

Entre art et architecture, la cabane de pêcheurs de Flée est elle aussi le résultat d’une médiation culturelle relevant des Nouveaux Commanditaires : celle-ci a permis la rencontre entre un maître d’ouvrage (une association de pêcheurs), un médiateur d’un centre d’art de Dijon (Le Consortium) œuvrant pour la Fondation de France, et un architecte particulièrement intéressé par ces croisements disciplinaires. Le bâtiment doit donc être appréhendé à travers sa dimension expérimentale. Les conditions de la commande et la recherche d’une interprétation contemporaine de la cabane ont engendré un objet singulier, d’une simplicité et d’une élégance inhabituelles. Posé au bord d’un étang sur un socle en béton abritant du matériel de pêche, le volume rectangulaire qui accueille la salle de réunion est coiffé d’un toit en ardoises. Le procédé de construction s’inspire du mode de production industrialisé des chalets. Mise à part la loggia ouverte sur le plan d’eau, la cabane présente un aspect hermétique dans lequel on perçoit à peine les ouvertures lorsque celles-ci sont fermées. L’aménagement intérieur réalisé par l’architecte comprend du mobilier conçu autour de la présence d’un aquarium de présentation.

Le bardage bois était à l’origine recouvert d’une lasure métallique aujourd’hui écaillée, ce qui contribue en définitive à mieux intégrer la bâtisse dans son environnement, mais lui fait perdre la tonalité grise générale qui s’accordait avec la toiture et lui conférait une véritable présence dans le site. L’insertion de ce petit équipement traduit l’attention portée par Adelfo Scaranello au contexte. Auteur de différents projets en Bourgogne (dont le marché couvert d’Arnay-le-Duc,  voir p.   ), l’architecte montre en effet un respect particulier pour ces territoires ruraux et leur identité. Si l’on considére cet objet dans un champ strictement architectural, on peut apprécier la justesse de son implantation et sa silhouette qui évoque autant un cabanon maritime qu’un hangar agricole en tôle. On pourrait également souligner que l’étroite concertation entre les différentes personnes impliquées dans la conception a débouché sur une œuvre qui peut être qualifiée de collective. Cette situation pose selon le médiateur Xavier Douroux la question de la propriété intellectuelle : dans ce cadre précis dominé par les valeurs d’échange, la notion d’auteur – parfois si chère aux architectes – s’estompe et se dilue au profit d’une «possession réciproque». C’est peut-être là l’un des grands apports de la démarche instaurée par les Nouveaux Commanditaires.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

Année de réalisation

Surface(s)

Non communiqué

Coûts

Non communiqué

Crédit photos

CAUE 71

Date de mise à jour

20/10/2016