Ecole primaire - MONTAGNY-SAINTE-FELICITE

4 rue Niville, 60950 MONTAGNY-SAINTE-FELICITE

La commune de Montagny-Sainte-Félicité, dont les locaux scolaires étaient devenus insuffisants, avait à formuler un choix : construire une nouvelle école sur une parcelle en limite de bourg ou bien utiliser un terrain situé en coeur de village. Cette deuxième solution a courageusement été préférée par la municipalité, à charge pour l’agence de réfléchir à l’insertion de l’édifice dans le tissu existant. La localisation du terrain a permis une mise en scène du bâtiment qui n’est pas directement visible depuis la rue, et a facilité la sécurisation de l’accès des enfants par un chemin piéton, espace tampon entre la rue et l’école. En plus de tirer profit de la situation de la parcelle, les architectes ont su conserver des éléments qui participaient au caractère du lieu (murs de clôture, arbres du verger pré-existant, petite grange maintenue dans la cour). Le plan de l’école adopte la forme d’un L dont les deux ailes permettent la division des fonctions : une cuisine, un réfectoire, des bureaux d’une part ; trois salles de classe et un atelier d’autre part. Les élévations participent également à la distinction des fonctions : la longue façade visible depuis l’entrée principale et la couverture à deux pentes de l’aile de la cantine rappellent le volume et la pierre de l’architecture rurale ; la façade sur cour des salle de classe et leur toiture plate adoptent un caractère plus contemporain. A l’intérieur du L se développe la cour de récréation, sorte d’enclos dans l’enclos, fermée sur trois côtés par le bâtiment scolaire et la grange conservée. Commentaires des architectes : Vu d’avion, le village de Montagny-Sainte-Félicité doit ressembler à une conque, une forme toute en rotondités. On y verrait probablement avec netteté, cernée de champs, une première enveloppe de maisons et de fermes, une rue sinueuse formant une étrange boucle et ceinturant un îlot central possédant lui-même sa propre enveloppe de constructions et de maisons. Au coeur de ce noyau, un ensemble de jardins clos et de vergers semblent soustraits aux regards, comme protégés et cachés. C’est dans cette forme de village introvertie que vient s’insérer le projet de coeur de village. Le terrain possède des qualités indéniables. De part sa situation, il offre toutes les caractéristiques d’un site remarquablement protégé. Qui peut en effet imaginer, en passant dans les rues qui bordent le site, que l’école du village se trouve là, dans un écrin végétal, à la fois ouvert et clos? La notion d’enclos se retrouve dans la genèse de toutes les villes, des plus petites au plus grandes. L’enclos manifeste le besoin essentiel d’assurer sa sécurité et sa tranquillité, d’être à l’intérieur d’une enceinte rassurante et protectrice. Dans le cas présent, l’enclos pré-existe au coeur du village et semble en attente de l’école, prêt à l’accueillir. La hauteur des murets qui ceinturent le terrain confère au jardin un caractère paisible. Toute la végétation environnante contribue elle aussi à renforcer le caractère secret, inattendu et préservé que l’on découvre en pénétrant dans ces jardins singuliers. La possibilité qui est ici offerte d’accéder à l’école par les deux rues ouvre cependant l’espace, le rend accessible, ouvert et invitant. C’est donc par l’intermédiaire d’un jardin public que l’on découvre l’école. Sur le site, l’espace est entièrement dessiné par les murs de pierre qui découpent, masquent et partitionnent le jardin intérieur selon des angles subtils. L’idée de départ de la conception du projet est de faire du mur central en pierre, d’un obstacle important, un élément structurant et régulateur dans la composition des espaces de l’école. Le mur conservé devient ainsi la colonne vertébrale du projet, à la fois trace objective, élément vivant, en harmonie avec le site. Ce choix ainsi fait amène à avoir une partie de l’école d’un coté du mur, une partie de l’autre coté. Ce mur reste ainsi perceptible et visible dans le hall d’accueil, le restaurant, la cour de recréation. Il marque la limite entre deux parties distinctes de l’école. Le long du mur se développe un premier bâtiment dont les éléments et la volumétrie s’inspirent ouvertement des constructions en milieu rural. Murs extérieurs en pierre, toitures à deux pentes en tuiles plates, grand portail en bois à l’entrée, brise-soleil en bois. La dimension des percements, le filtre des brise-soleil horizontaux devant la façade entièrement vitrée du réfectoire, la réalisation d’un large bandeau en béton blanc qui détache la façade en pierre de la couverture aèrent la composition de cette façade principale. De la même manière, la largeur et la hauteur de l’entrée sont conçues de la sorte pour ouvrir l’école sur le parvis, marquer fortement le passage de l’extérieur vers l’intérieur de l’école. De l’autre coté du mur et de ce bâtiment frontal, une autre partie de l’école s’inscrit dans le site. Elle est constituée des salles de classe dont la volumétrie est plus effacée, laissant émerger les arbres des propriétés voisines. Ce second bâtiment sépare deux espaces extérieurs complémentaires : la cour de récréation bordée d’arbres fruitiers et conservant l’image du verger existant d’une part et d’autre part des terrasses pédagogiques derrière chaque salle de classe pouvant être utilisées pour des activités extérieures. Enfin, la conservation de la petite grange située dans le jardin, à l’échelle des enfants, marque le souci de ne pas faire disparaître les traces d’un passé même récent et de jouer avec les volumes et les limites du terrain. Info visites : L’école est visible depuis un chemin aménagé pour permettre aux enfants d’accéder à l’école.

Programme

Intérêt du projet : Intégration de l’école au tissu du village avec discrétion.

Respect du site par la conservation d’éléments existants (grange, arbres du verger, murs) et par la référence au patrimoine local (par les volumes et par l’utilisation de systèmes ou matériaux contemporains en harmonie avec ce patrimoine).

Large ouverture des classes sur les jardins pédagogiques.
 Sécurisation de l’accès par un cheminement piéton depuis la rue.

Participation de la population à l’édification d’un mur.

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

535 m2 SHON

Coûts

718434 euros

Crédit photos

Hugues Fontaine

Date de mise à jour

21/02/2011