Extension et réhabilitation de la salle polyvalente Jean Letrève - Pomeys

Le Bourg, 69590 Pomeys

Lorsque tant d’autres communes rurales voient leur bâti ancien tomber en déshérence, Pomeys semble démontrer qu’il peut y avoir une place pour des programmes d’équipements modestes, évolutifs, mutualisables et intergénérationnels, mêlant réhabilitation et architecture contemporaine.
C’est ce qu’illustre cette opération de rénovation/extension de locaux communaux et associatifs dans une ancienne bâtisse du XIXème siècle située rue des écoles, jouxtant les terrains de l’amicale bouliste en contre bas du centre.

En dépit de son ancienneté, cette bâtisse présente des qualités environnementales que bien des constructions récentes pourraient lui envier : orientée de manière idéale, parallèlement à la pente, largement ouverte au sud, elle est aussi très compacte et sa maçonnerie de pierre lui confère une excellente inertie thermique. Sa forme simple, parallélépipédique a aussi grandement facilité le réagencement des espaces intérieurs. Les espaces libres qui la bordent (la rue des écoles à l’ouest, une ruelle au nord, une cour d’accès au sud et des terrains communaux en fond de parcelle à l’est) ont permis la réorganisation des accès avec des entrées différenciées et indépendantes pour les différents éléments du programme.
En outre, la déclivité du terrain s’avère propice à la mise en accessibilité aux personnes à mobilité réduite en permettant des accès de plain pied à chacun des deux niveaux.
Enfin, la place de cet édifice dans la mémoire collective des habitants et son caractère architectural marqué (notamment ses façades mêlant moellons de granit et brique de terre cuite qui renvoient à l’identité constructive des Monts du Lyonnais et du Forez) confèrent à cet ouvrage, une véritable valeur patrimoniale.

Le projet de rénovation, quoiqu’assez modeste en terme de surface (320 m2 dont une cinquantaine seulement d’extension neuve), répond néanmoins à une programmation très complexe destinée à mutualiser au maximum le bâtiment en faisant cohabiter divers usagers sur des temps d’occupation variables : publics scolaires, jeunes du village, personnes du troisième âge. Ainsi, le niveau bas de l’édifice accueille-t-il un “petit pôle intergénérationnel” où sont aménagés une salle pour l’association des anciens du village et un local pour les jeunes de la MJC. À l’étage, le volume est réaménagé en grande salle polyvalente: en semaine, la restauration scolaire du midi y est proposée aux enfants des deux écoles et les activités périscolaires des fins de journée et des mercredis y sont proposées; en soirée, des réunions publiques occasionnelles peuvent y être organisées; enfin, le week-end, des activités festives plus ponctuelles en lien avec les évènements du village ou des réunions familiales privées à l’initiative des habitants de la commune s’y déroulent.

La rénovation des façades a fait l’objet d’un travail particulièrement soigné avec rejointoiement de l’appareillage pierre et nettoyage des encadrements brique et bénéficié de prestations de qualité comme ces grands ensembles menuisés en aluminium équipés de brise-soleil orientables, lambrequins en tôle laquées et garde-corps en verre.
A l’arrière de la parcelle, une extension sobre en bois abrite les espaces d’entrée de la salle polyvalente : hall d’accueil, vestiaire et sanitaires. De larges débords de toit formant auvents protègent les façades en bois des intempéries et les prémunissent d’une altération trop rapide de leur aspect. L’escalier d’accès extérieur, qui fonctionne comme un élément-repère important pour guider le visiteur depuis la rue, n’est malheureusement pas la partie la plus intéressante du projet : son développé, en forme de passerelle coudée, bardée de gardes corps en bois et aluminium dans un dessin assez compliqué, enjambe un talus au mouvement de terre mal maitrisé où la végétation peine à s’installer… Dans le parcours qui mène le visiteur depuis la rue jusqu’à la salle, on s’attarde davantage sur le parvis créé au sommet de cet ouvrage et qui offre, depuis la terrasse et le hall d’entrée, un point de vue saisissant sur les monts du lyonnais.

Les préoccupations environnementales et énergétiques ont largement guidées la conception de ce projet avec par exemple le recours à des matériaux biosourcés comme le bois en structure et en parement pour la construction l’extension et les laines végétales pour l’isolation thermique des enveloppes (laine de bois pour les murs, ouate de cellulose pour le toit).
En matière de production énergétique, le bâtiment bénéficie d’une production photovoltaïque avec 60 m2 de capteurs solaires en toiture et d’une chaufferie à granules bois dont la gestion méticuleuse est assurée par le personnel de mairie. Une isolation conséquente, associée à la mise en œuvre d’une ventilation double flux sur sonde CO2, permet d’atteindre théoriquement un facteur 4 de performance énergétique par rapport à l’existant (Cep_initial = 340.5 kWh/m².an ; Cep = 39.3 kWh/m²an ; Cep = Cepinitial – 88 %).

Si le soin apporté à la mise en œuvre par les professionnels artisans est à signaler, la réussite architecturale de cette opération est avant tout le fruit de la collaboration entre un maître d’ouvrage et un maître d’œuvre, chacun permettant à l’autre d’exercer sa compétence au service d’un projet commun. Il faut donc ici rendre hommage à la commune qui s’est largement investie dans la conduite de ce projet et saluer le fruit d’une collaboration fidèle avec l’architecte qui s’était illustré quelques années plus tôt avec l’opération d’extension de l’école publique.

Désormais, et pour être totalement inscrit dans son contexte villageois, cet équipement gagnerait grandement à ce qu’un projet d’espace public et de parcours mode doux puisse voir le jour pour le raccrocher plus fortement au cœur de village.

Texte CAUE Rhône Métropole

Programme

Extension et réhabilitation d’une salle polyvalente et locaux associatifs

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

323 m2 surface de plancher

Coûts

612 642 € TTC

Crédit photos

Julien Barrios-Lacoma et Jérémy Morel

Date de mise à jour

14/11/2018