L’immeuble et les maisons à patio - Saulx-les-Chartreux

91160 Saulx-les-Chartreux

Premiers sortis d’une nouvelle Zac en 2014, une opération de logements portée par l’Immobilière 3F mérite notre attention.

 

Il restait entre le centre bourg de Saulx-les-Chartreux et Longjumeau quelques champs, terres et friches. La fameuse N20 passe justement par-là,  il était difficile de ne pas pousser les murs de cette ville pour occuper ce beau terrain de 50 000 m2, dans la pente.

Confiée à l’architecte-urbaniste Paul Chemetov par le groupe de promotion SEMIIC, la ZAC du Moulin se construit depuis 2013 à grande vitesse, pour atteindre presque 600 logements.

Dans le lot, Immobilière 3F a choisi de construire deux opérations. L’une prendra la forme d’un immeuble de 39 logements, l’autre de 10 maisons mitoyennes.

Quasiment situées l’une en face de l’autre, on reconnaît leur signature à ce bardage vertical lasuré de gris. Ce revêtement réinterprète finement les constructions en béton brut, quand les traces des planches de coffrage marquaient fortement les surfaces. Livré depuis 3 ans lors de notre visite, ce revêtement bois n’a pour l’instant pas pris une ride.

L’immeuble

Au premier abord, c’est une façade plate, composée de ces fenêtres verticales de dalles à dalles, disposées d’un rythme irrégulier, comme une grande partie des logements collectifs construits ces 10 dernières années. Une subtilité s’exprime, par des volets totalement confondus avec le revêtement des parois opaques du fait de matériaux et dimensions identiques et d’un détail de quincaillerie finement mené.

Les grandes baies vitrées effet loft sont celles des cages d’escalier. De vrais grands vitrages qui permettent enfin aux circulations verticales d’être un lieu de qualité, peut-être alors de bien-vivre.

 

Le hall ouvert conduit vers une cour, un cœur d’ilot bordé de l’immeuble en ses 4 côtés. Le jardin n’est pas fait pour y rester, le chemin au sol nous conduit directement vers les halls respectifs.

Autant l’enveloppe extérieure de cet immeuble-ilot peut être caractérisée de « plate », autant les façades SUD et OUEST su sont largement composées de grands balcons ou loggias. Le vis à vis assez proche des logements qui ont leur balcon sur cour a conduit une partie des habitants à opacifier les gardes corps de toiles grises, mais une fois ces réglages opérés, les traces d’occupations n’ont pas l’air d’être en reste.

A l’intérieur, une petite signature a l’air de se retrouver également entre les appartements et les maisons. C’est une paroi autour de laquelle on peut tourner, qui sépare certaines fonctions, sans générer de couloir ou de porte. L’espace paraît plus grand, les usages peuvent glisser d’une pièce à l’autre assez simplement.

La lumière est un élément fondamental des deux projets également, tous les appartements sont traversant et l’éclairage naturel généreux.

 

Les maisons à patio.

Une série de maisons en bande se trouve de l’autre côté de la rue. Implantées en escalier au fil de la rue, elles dessinent la pente par une composition géométrique de caractère.

De la contrainte est née une qualité.

Ce lot avait l’inconvénient d’avoir le Sud du côté de la rue. L’enjeu fut donc d’ouvrir vers le sud, tout en préservant l’intimité des foyers, c’est chose faite.

Des petits jardins au nord, donnant sur le séjour ont donc bel et bien été proposés, la vue sur le parc attenant est un vrai atout mais l’ombre et un sol au niveau du regard des passants n’en font pas un lieu privilégié pour les familles.

Le gage a été ténu grâce à un astucieux patio minéral autour duquel tourne la maison, véritable pièce de vie en plus.

Ce patio permet de déjeuner, jouer, fleurir, circuler d’une pièce à l’autre, en toute intimité.

 

Différents degrés d’intimité entre l’espace public et le séjour privé.

Au premier abord, ce sont les pergolas et garages qui rythment la rue. Le passant ne voit que ces structures répétitives, entremêlées de végétation et de voitures. C’est à l’arrière, au bout de petites venelles individuelles, que se niche le lieu le plus agréable de la maison, ce patio autour duquel s’organisent les pièces du rez-de-chaussée, toutes équipées d’une baie vitrée ouvrante.

Un portillon opaque à l’entrée du patio fabrique la limite physique entre l’espace privé et l’espace public. (« C’est ici qu’il aurait fallu mettre le petit Judas, la vraie porte d’entrée est là. » témoigne un habitant.) Une fois dans le patio, une porte d’entrée (la fausse donc) permet de recevoir les visiteurs dans un dernier espace de transition, à l’abri de vues directes sur les pièces de vie.

 

Le reste du logement est soigné par la présence du bois en plafond, des détails de menuiserie dessinés et une lumière toujours bien proportionnée.  La structure en bois se ressent agréablement par quelques poutres apparentes.

Les contraintes de surfaces font la vie bien dure aux cuisines, et les 3 grandes baies dans ces quelques mètres carrés la rendent difficile à occuper. La relation fluide de la cuisine vers le salon et au patio facilite néanmoins la convivialité.

 

Ces deux opérations de logements n’ont pas encore beaucoup d’histoires derrière elles pour avoir dit leur dernier mot, mais 3 ans après leur livraison, le constat est séduisant.

Ce sont des matériaux sains, en bon état, des espaces extérieurs et intérieurs lumineux et entretenus que nous avons visités.  Les habitants des maisons décrivent avec un enthousiasme rare la qualité de vie intérieure-extérieure de ces petites maisons alors qu’elles n’ont qu’une faible surface de jardin.

Le prix de l’Equerre d’Argent, catégorie Habitat, à été décerné à ce projet en 2016.

 

Programme

Logements individuels groupés : 7 T4 et 3 T5

Logement collectif: 39 logements.

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

4 014 m² SHON

Coûts

TRAVAUX TTC: 6 M€

Crédit photos

CAUE 91

Date de mise à jour

25/04/2017