La maison de Saulieu - Saulieu

21210 Saulieu

Architecture du XXe en Côte d’Or

Après vingt ans passés auprès de Le Corbusier dont il était devenu le collaborateur, André Wogenscky ouvre sa propre agence en 1956. La maison de Saulieu est dessinée la même année. Aux côtés de son maître, l’architecte a notamment travaillé sur les unités d’habitation de Marseille, de Rezé et de Briey-en-Forêt. Les couleurs primaires qui accentuent les volumes de l’entrée de cette villa attestent l’influence encore notable de Le Corbusier. Les œuvres plus tardives de Wogenscky (ex : Maison de la Culture de Grenoble, 1967, Préfecture de Nanterre, 1972) s’en détacheront en apparence mais resteront soumises au Modulor, système de proportions mis au point par Le Corbusier et basé sur les mesures du corps.
La maison de Saulieu est à rapprocher de la première réalisation personnelle de Wogenscky : sa propre habitation construite de 1948 à 1953 à Saint-Rémy-les-Chevreuse, projet que l’architecte considère comme «son œuvre de jeunesse». Elle annonce également le parti de la villa Chupin, terminée en 1960 à Saint-Brévin-les-Pins. Dans les trois chantiers, Wogenscky achève les élévations d’un épais bandeau de béton, perce les façades de grandes baies carrées (on notera le système de ventilation par des ouvrants menagés dans les menuiseries), surmonte les fenêtres d’auvents ou de pare-soleils puissants (à Saint-Rémy et à Saint-Brévin, ces derniers deviennent de véritables boîtes). Il participe à l’aménagement intérieur en dessinant du mobilier (ex : escalier, placards de la maison de Saulieu). A Saulieu, comme il le reproduira à Saint-Brévin, il équipe chaque chambre d’un cabinet de toilette. Parlant de sa propre habitation, l’architecte explique : J’attache beaucoup d’importance aux formes (…) j’aime que ce soit dépouillé (….). Contrairement aux baroques, je pense qu’on ne fait pas de la richesse en accumulant (Architecture d’Aujourd’hui, n°181, novembre-décembre 1975, p. 30-31). Bâtie sur une grande parcelle préservée dans le centre de Saulieu, la maison se développe sur trois niveaux dont un sous-sol. De plan carré, l’étage est plus petit que le rez-de-chaussée. Cette disposition permet d’offrir aux habitants une terrasse de toit exposée au sud. Le rapport avec la nature et le recours à un matériau traditionnel (granit du Morvan) sont des tendances affichées dans les maisons de Wogenscky et plus généralement dans l’habitat indiduel des années 1950.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

Non communiqué

Coûts

Non communiqué

Crédit photos

CAUE 71

Date de mise à jour

24/04/2017