Maison des énergies - Héricourt

rue Paul Vinot, 70400 Héricourt

La construction du Pôle Energie d’Héricourt portée par les collectivités de Franche-Comté est destinée à former et sensibiliser tous les publics aux énergies. La cohérence entre les différents choix, techniques, architecturaux, mise au centre de la démarche de projet, est la véritable portée pédagogique de la construction, à l’appui du projet de formation et d’animation.

Signalé dans la ville par la présence de l’éolienne sur la rue, le projet se présente comme un grand pavillon assurant la captation des énergies du sol et du ciel. Les énergies de l’eau, de la terre, du vent et du soleil sont évoquées, dès l’approche du bâtiment, à travers le bassin d’eau de pluie, le mur de soutènement en argile, le mouvement de l’éolienne et les auvents photovoltaïques.

En rapport avec ces aménagements généreux, la construction présente au nord sa façade la plus fermée et la plus rigoureuse en accord avec sa philosophie d’économie énergétique. Une baie au rez-de-chaussée (rdc), dans la salle de démonstration, laisse deviner l’activité de l’édifice.

Le projet tire profit, au sud, de l’orientation et du site en développant les espaces d’activités ouverts sur la prairie humide environnante.

Face à ce paysage, la construction présente une façade sinueuse, plus onirique, rayonnante face au sud pour bénéficier des apports solaires et venant côtoyer la lisière du bosquet. Ce niveau en saillie sert de terrasse publique au premier étage. Le niveau supérieur est couronné par une terrasse pédagogique réservée au centre et protégée du soleil et de la pluie par l’auvent en capteurs.

Le programme est organisé sur deux niveaux afin d’obtenir une bonne compacité de l’équipement, d’organiser les espaces en fonction de leur fréquence d’utilisation et d’adapter les régimes de chauffage.

Les espaces de travail et de convivialité des deux niveaux sont orientés au sud et marqués par l’omniprésence de la végétation environnante et de l’ensoleillement. Assurant les apports passifs l’hiver et un éclairage naturel abondant, les dimensions des vitrages dépassent les strictes valeurs d’usage pour projeter les espaces d’activités dans le paysage et cette fusion avec la nature marque fortement l’architecture de la Maison des Energies.

La question de l’énergie dans la construction est abordée de façon la plus large possible en prenant en compte tous les paramètres connus : énergie consommée, énergie produite, énergie grise des matériaux et consommées pendant le chantier. Leur prise en compte à tous les stades du projet est un élément fort d’intégration des techniques constructives.

Le choix des modes constructifs a été réalisé lors des études de façon pragmatique, en recherchant les associations les plus pertinentes : colonnes ballastées limitants les ouvrages de fondations, stockage des terres de fouilles et réutilisation pour le talus de l’échangeur géothermal, isolation très performante de l’enveloppe (ossature bois remplie d’ouate et panneaux de fibres), murs perspirants, étanchéité à l’air poussée réalisée dès le gros oeuvre bois, inerties reportées à l’intérieur du bâtiment pour limiter les surchauffes d’été, pisé et bois retenus pour leur faible impact énergétique, planchers bois de grande portée pour la flexibilité des espaces…

Ces choix techniques passifs sont intégrés aux dispositifs actifs de chauffage, ventilation et de GTC pour garantir les performances attendues été comme hiver. Différentes sources sont proposées comme démonstration des gisements naturels d’énergies : centrale photovoltaïque (solaire), éolienne, poêle à pellets (biomasse), pompe à chaleur sur air intérieur (électrique), échangeur géothermal enterré.

Le bâtiment est également envisagé comme support pédagogique : suivi des performances, visualisation démonstrative des comptages, écorchés constructifs, exposition des équipements techniques, visites de chantier.

Les ambiances intérieures sont colorées et empruntes de la présence du bois et des murs en terre exprimant l’économie de moyens et d’énergies nécessaires à leur réalisation. Les bardages bruts de sciages utilisés en façades extérieures associés aux façades rideaux et aux stores. Cette association entre des matériaux utilisés bruts et d’autres plus techniques constitue la marque d’une génération de bâtiments soucieux de leurs performances comme de leur impact environnemental, qui puisent leur caractère et leur expressivité des spécificités locales, dans une relation contextuelle au site.

La Maison présente plusieurs facettes, à la fois ancrée au sol et dans les nuages, urbaine et proche de la nature, au contact des éléments, un coté rigoureux, l’autre fantasque et spectaculaire qui rappelle que la recherche d’efficacité ne doit jamais se faire à l’encontre de l’agrément, du plaisir et du confort. Son caractère exemplaire et reproductible doit être recherché dans les démarches de projet mises en place et dans les techniques développées et réutilisables pour des bâtiments tertiaires ou industriels (ossatures, isolants, captation d’énergie…), l’architecture restant liée à son site.

Projet présenté au concours de la Construction Bois 2016

Publication de la Maison de l’Architecture

Programme

Construction d’un équipement d’enseignement et de formation : maison des énergies

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

749,20 m2 (SHON)

Coûts

2 900 000 € TTC

Crédit photos

C. BOURGEOIS

Date de mise à jour

18/01/2017