Maisons de l’Etang - Châtillon d'Azergues

69380 Châtillon d'Azergues

Cette opération livrée en 2015 et commercialisée sous le nom « Les maisons de l’étang », propose une typologie de logements encore peu courante, celle de l’habitat individuel groupé, courageuse alternative à l’offre dominante de la maison individuelle sur ce territoire des pierres dorées, que ce soit en diffus ou en lotissement.
Autre fait notable, l’initiative en revient à un investisseur non professionnel, qui après avoir fait l’acquisition du foncier, a assuré seul, sur ses fonds propres et sans pré-commercialisation, la conduite de l’opération. Ce dernier avait livré quelques années plus tôt, un peu plus haut sur le même site, une autre opération, « les Terrasses de Châtillon », avec déjà l’ambition de maîtriser la qualité architecturale de son projet.
Comme sa voisine, l’opération s’inscrit dans une parcelle en pente, face au village de Châtillon-d’Azergues, dominé par les ruines de son château et de sa chapelle classée du XIIIème siècle. Et comme pour sa voisine, la réponse architecturale est d’abord dictée par la déclivité du terrain naturel : les logements s’ancrent dans le sol en s’adossant à la colline et s’ouvrent généreusement en direction d’un petit étang en contrebas entouré d’arbustes et d’arbres de haut jet. Ils sont desservis en amont du terrain, par une voie privée qui donne également accès aux garages. Un niveau en béton assure le soutènement des terres et constitue le socle sur lequel sont édifiées les structures en bois de l’étage.
Sur une assiette foncière d’environ 5 000 m2, le programme développe une offre de quatorze logements qui s’incarnent dans une série de huit modules compacts, comme autant de grosses « maisons » couvertes d’un toit plat végétalisé. Dans les entre-deux s’intercalent un patio et une pièce supplémentaire en rez-de-jardin pour les grands logements familiaux. A la faveur de ce plan masse échancré, tous les logements bénéficient d’orientations latérales nord et sud qui complètent l’exposition principale à l’ouest.

Compte tenu de la sensibilité hydraulique du site (l’opération se situe en marge de la zone inondable du ruisseau de l’Alix encadrée par un Plan de prévention des risques d’inondation), un ouvrage de rétention permet de tamponner les volumes d’eau pluviale issus des toitures et du ruissellement de surface et ainsi d’assurer le débit de fuite requis vers le réseau d’assainissement. Des cuves de récupération des eaux de pluie permettent par ailleurs l’arrosage des jardins privatifs et des espaces végétalisés collectifs.
Depuis l’étang — lequel demeure dans le domaine public — les vues en direction des terrasses et des balcons en façade ouest sont filtrées par une ossature de montants verticaux en bois massif, sorte de claustra sur laquelle on aurait aimé voir s’arrimer davantage de toiles tendues pour protéger les terrasses des surchauffes estivales en lieu et place d’ordinaires stores bannes.
Les façades sont revêtues d’un bardage en clins de pin Douglas dont le choix frappe ici par sa justesse, tant il permet une intégration douce des bâtiments dans leur écrin de verdure, en dépit de sa tendance assez sensible à la grisaille.
L’agencement intérieur offre logiquement aux pièces principales une vue sur l’étang tandis que les pièces techniques sont distribuées à l’arrière. La grande terrasse qui s’ouvre au devant de chaque séjour est particulièrement généreuse (15 m2). Elle confirme l’importance de cet espace extérieur privatif dans l’offre commerciale de ces nouvelles typologies de l’habitat dit « intermédiaire » (entre maison individuelle et logement collectif) face à la concurrence du pavillon. La densité résidentielle de l’opération avoisine ici 28 logements par hectare, le double de celle développée dans un lotissement classique.

Les niveaux de performances énergétiques atteints, inférieurs aux exigences de la RT2012, auraient pu trouver une meilleure issue si une mission complète de maîtrise d’œuvre avait permis aux architectes de l’agence Barrès Coquet de conserver la maîtrise leur projet après le permis de construire, ce qui n’a pas été la cas.
La qualité résidentielle n’en est pas moins exceptionnelle grâce aux bénéfices tirés d’un site hors du commun et d’un plan masse conçu en adéquation avec ses atouts et ses contraintes.
Le choix d’urbaniser un tel emplacement demeure néanmoins sujet à caution : séparé du village de Châtillon d’Azergues par une topographie dissuasive pour la mobilité douce, malgré une distance d’à peine un kilomètre, ce petit noyau résidentiel fait figure d’isolat en plein cœur d’un milieu naturel.
La présence toute proche du ruisseau de l’Alix et de son cordon de ripisylve interroge également quant aux conséquences de cette opération d’urbanisation sur la vulnérabilité hydraulique du vallon et sur la pérennité de sa biodiversité faunistique et floristique.

Texte CAUE Rhône Métropole

Programme

8 maisons en bois construites au bord d’un étang

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

1 300 m2 (SP)

Coûts

1 600 000 € HT

Crédit photos

© Jerôme Ricolleau

Liens pages web

Date de mise à jour

24/04/2017