Musée de la civilisation celtique - Saint-Léger-sous-Beuvray

Musée de la civilisation celtique, 71990 Saint-Léger-sous-Beuvray

Le musée de la civilisation celtique est situé au col du Rebout au pied de l’ancienne Bibracte.Il explique le monde celtique de toute l’Europe occidentale et montre l’actualisation des fouilles archéologiques dans la région. Ce projet est formé d’un ensemble de bâtiments qui sont : Le Centre de recherche, le musée, le restaurant pour les chercheurs et un gîte. Il s’agit d’une tentative d’articulation entre l’architecture, le paysage et l’optique. Par conséquent, ce projet relève plus d’une notion de dispositif que d’un bâtiment. Les matériaux utilisés expriment une montée technologique contrastant avec l’acte de fouiller.

Architecture du XXe de la Saône-et-Loire

Calé sur le flanc de la pente, en contrebas de l’ancienne ville gauloise où s’opèrent les fouilles, le musée a la forme d’un L. L’aile courte accueille l’entrée, la boutique et des bureaux ; la plus longue est dédiée à l’exposition permanente. Un restaurant récemment achevé et un parking paysager complètent le dispositif muséal. Par ses proportions, l’édifice s’insère sans heurts dans un cadre naturel remarquable, au relief jalonné de villages aux toits d’ardoise. Le bâtiment et la muséographie, indissociables, se réfèrent avec une logique dépassant la simple allusion symbolique aux stratifications dévoilées par les fouilles. Cette analogie est d’abord perceptible de l’extérieur avec les contrastes de matériaux traduisant une progression chronologique, du vernaculaire vers le sophistiqué : soubassement en pierre (la rhiolyte, utilisée dans les remparts de la cité gauloise), béton lisse, granit poli, verre, acier et zinc pour la toiture. Cette approche véritablement géologique sous-tend le parcours muséal, qui allie avec pédagogie les supports d’exposition et la découverte du cadre environnant à travers l’architecture. Les matériaux (dallage de pierre, béton, cloisons de bois et de verre) participent à la dissociation visuelle des circulations ; les supports d’exposition, décollés du sol, traduisent l’idée d’une hiérarchisation des informations, guidant le visiteur à travers des étapes successives ponctuées de vues sur la forêt et le panorama. Au rez-de-chaussée, la reconstitution de fouilles au-dessous du niveau du sol s’accompagne d’échappées vers l’extérieur, invitant là encore le visiteur à effectuer d’incessants va-et-vient du regard, sans que jamais l’équilibre ne soit rompu entre intérieur et extérieur. L’idée de promenade architecturale prend ici tout son sens : derrière une enveloppe en apparence relativement simple, presque abstraite, l’expérience du bâtiment s’opère de façon dynamique ; les façades révèlent leur profondeur par des jeux de matières, de surfaces, de transparences, de cadrages. La fluidité des circulations et l’aménagement d’espaces variés mais homogènes sont régis par une trame carrée, dont l’orthogonalité se réfère à l’espace des fouilles archéologiques. L’architecture de Pierre-Louis Faloci est minimale, attentive au regard et aux déplacements humains.Vue du petit amphithéâtre nord. La grande leçon de ce musée et de son pendant à Glux-en-Glenne (le centre de recherches et ses constructions annexes, voir p. ) réside d’abord dans la lecture respectueuse du site sur lequel s’implante chacun des bâtiments : c’est à partir d’elle qu’il conçoit des espaces rigoureusement définis, enrichis par la pénétration de la lumière et les échanges avec l’extérieur. La richesse du parcours intérieur, l’harmonie de l’architecture et du paysage, le caractère presque intemporel du bâtiment prouvent sa réussite et la pertinence de sa conception, perceptibles par toute personne sensible ou non à l’architecture. Le musée a reçu en 1996 le prix national de l’Equerre d’argent.

 » Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007 – Éditions Picard-2008 « 

Programme

Située sur un site majestueux, le Mont-Beuvray au cœur du Morvan, Bibracte fut l’une des plus prospères villes du monde celte. Avec la fondation de la cité nouvelle d’Augustodonum (aujourd’hui Autun), elle fut alors progressivement abandonnée, puis oubliée jusqu’à sa redécouverte à la fin du XIXe siècle par un érudit autunois soutenu par Napoléon III (J.G. Bulliot). Les fouilles reprirent en 1984 sous l’impulsion de François Mitterand, et motivèrent la création du musée et d’un centre européen d’archéologie. Le programme a consisté en la construction du musée au pied du site historique, du centre européen de recherches ainsi que des bâtiments d’hébergement pour les chercheurs, implantés à Glux-en-Glenne dans la Nièvre toute proche. Ces différentes entités imaginées par le même architecte présentent une grande cohérence dans les formes et les matériaux, et témoignent par leur conception, leur implantation et leur échelle d’un profond respect pour leur environnement.

Année de réalisation

Surface(s)

3000 m2

Coûts

6 097 961 € TTC

Crédit photos

Pierre-Louis FALOCI ; CAUE 71

Date de mise à jour

04/05/2017