Parc départemental de Lorient - Montéléger

26760 Montéléger

Domaine périurbain de 17 ha acquis par le Département de la Drôme en 1967 et classé Espace naturel sensible en 2008, le parc de Lorient accueille chaque année jusqu’à 200 000 visiteurs et près de 400 évènements petits ou grands. Le projet « Parc pour tous » vise à adapter ou renforcer les usages du site, à améliorer les conditions d’accueil du public, tout en valorisant les qualités environnementales et paysagères du parc. Sa première phase combine de façon originale et réussie un volet paysager avec un volet artistique et participatif.

Conçus dans l’esprit des lieux, les aménagements font preuve d’une grande sobriété et s’appuient sur des modalités de gestion renouvelées. Fleurie à la belle saison, la grande prairie centrale est simplement fauchée pour laisser apparaître deux chemins Nord-Sud et Est-Ouest – seules leurs amorces sont marquées par des dalles béton. Là où ils convergent, un long mobilier en platelage bois, à la fois assise et table basse, est proposé à tous les usages, mis en scène sur une surface en pavés béton à joints enherbés. Ailleurs, les allées sont restaurées et agrémentées d’un nouveau mobilier. On remarque : en partie nord, la création d’une allée dans la perspective des vestiges patrimoniaux de l’ancien Domaine (portail, bassin et écuries) ; en limite ouest, la restauration de l’allée cavalière (remarquable par ses alignements de platanes), qui a nécessité la mise hors d’eau de sa partie inondable (rehausse en graves non traitées d’environ 40 cm et reprise en ensemencement des abords) ; au sud-est, la création d’une promenade en bordure haute d’un remblai hérité de travaux routiers. Prolongée par des rampes et des escaliers donnant accès au reste du parc, cette promenade  initie les aménagements à venir sur le remblai, porte d’entrée principale du parc (aire de stationnement, bureau d’accueil…). Au nord, l’entrée secondaire est déjà reconfigurée. Réintroduite dans l’enclos du parc, la surface en stabilisé qui servait de stationnement accueille les joueurs de pétanque et compose un seuil avant l’arrivée sur le secteur patrimonial. Plus au nord, des traverses en chêne, des ganivelles et des barrières à base de branchages récupérés sur site délimitent la nouvelle aire de stationnement. Sur l’ensemble du parc, de très nombreuses plantations nouvelles – arbres de haute tige (tilleuls, érables sycomores, mûriers blancs), baliveaux (érables, frênes, merisiers…), arbustes et vivaces (saules…), sans compter les prairies fleuries (ensemencées de graines indigènes favorables à la biodiversité) – renforcent sa cohérence paysagère et viennent conforter la végétation naturelle existante.

Entre 2015 et 2017, plusieurs résidences artistiques ont associé les usagers et partenaires du site, ainsi que des structures associatives et éducatives du territoire, à la création du parcours Anima Motrix (inspiré par la construction animale). Des interventions artistiques, la réalisation de petits aménagements et des évènements ont ponctué les différentes résidences. Empruntée à l’araignée, la figure de la toile a guidé la construction d’une guinguette mobile qui continuera à animer les événements du parc. Installées à l’année à des endroits spécifiques de la composition paysagère ou dans des lieux plus discrets, des « fabriques » – le Nid, la Hutte, l’Essaim, les Alvéoles et les Galeries  – créent la surprise dans la découverte du parc et contribuent de manière artistique et ludique à tester de nouveaux usages et de nouveaux lieux.

Les prochaines phases du projet continueront à veiller à l’identité singulière du parc et à la qualité de ses ambiances paysagères. Les démarches entreprises pour améliorer les conditions d’accueil du public vont se poursuivre. Les usages seront encore confortés et le patrimoine historique sera mis en valeur, notamment les anciennes écuries dont la vocation sera questionnée par le biais d’un appel à projets. A suivre…

Texte publié par le CAUE de la Drôme / février 2018

 

Parcours artistique et participatif ANIMA MOTRIX réalisé par : collectif Dérive (James Bouquard, Christophe Père, Pierre-Yves Péré, Guillaume Quemper), Pantin [93], accompagné par A Et Cetera (Eloïse Bloit), Pantin [93] et Jeanne-Aimé Sintès, Crest [26]

Détails sur les « fabriques » du parcours Anima Motrix (d’après les descriptifs du collectif Dérive) :

  1. Les Galeries

A l’emplacement de l’ancien château, cette fabrique évoque des ruines mises au jour grâce aux galeries creusées par d’étranges animaux et peu à peu offertes à la nature, aux plantes et aux animaux. Jeu de construction à la géométrie recherchée, elle se compose de cinq éléments asymétriques construits autour de murs de planches et de tasseaux empilés jusqu’à 2,80 m de haut. Le cœur de la construction est rempli de terre végétale pour que dans les interstices, s’épanouissent des plantes sauvages (fougères, mousses, lichens…). Les Galeries offrent aux visiteurs une pièce intérieure où déambuler à ciel ouvert. Les pleins et les vides permettent d’explorer les vues sur le parc.

  1. La Hutte

Cette fabrique a pris place dans un lieu déjà très apprécié et fréquenté : sur le point haut d’une plage de sable, dans le creux d’un méandre de la Véore. Tel un amas de branches entremêlées, une structure en bois flottés librement inspirée de l’habitat des castors est prolongée par un long banc à la géométrie asymétrique (ossature en bois de chêne recouverte de lambourdes et de lames). Importante avec ses 60 m2 et ses 10 m de long sans être imposante car elle épouse les formes naturelles du terrain, cette terrasse-solarium propose un lieu où poser sa serviette, pique-niquer ou simplement observer la rivière, à l’ombre de deux acacias intégrés à l’installation.

  1. Les Alvéoles

Installés en bordure de la majestueuse allée cavalière, des chevrons de différentes tailles sont assemblés à la manière de l’accumulation organique des alvéoles toutes identiques d’une ruche et composent un mobilier ludique à la forme ondoyante. Les Alvéoles invitent à la halte ou à l’action selon la pratique de chacun.

  1. L’Essaim

Prenant la forme ovale d’un essaim d’abeilles ou d’un nid de guêpes ou de frelons, cette fabrique est constituée d’une ossature courbe de bois massifs, recouverte de fines planchettes de chêne sur lesquelles repose une ganivelle en châtaignier. Cet observatoire à l’intérieur duquel le visiteur pénètre, est discrètement posé dans la fraîcheur du bois de la Véore. Il offre ainsi une immersion ludique dans la forêt. Un cheminement surélevé en ganivelles guide les pas du visiteur jusqu’à l’Essaim et évite une dispersion dans ce milieu sensible.

  1. Le Nid

Situé à l’entrée sud-est du parc, au pied de la promenade et tourné vers la prairie centrale, le Nid constitue avec ses gradins en chêne et son ossature recouverte d’une peau en châtaignier, un bel amphithéâtre propice à accueillir des manifestations

 

 

 

 

 

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Coûts

Amenagements paysagers (phase 1 sur 4) Coût d’opération (travaux et honoraires) : 348 960 € HT

Crédit photos

CAUE 26 : photos 1et 6 ; ©SWED : photos 2,3,4,5 ; ©JuanRobert : photos 7, 8,9, 10

Date de mise à jour

23/02/2018