Quartier Saint-Jean des Jardins - Chalon-sur-Saône

71100 Chalon-sur-Saône

Architecture du XXe en Saône-et-Loire

Ville d’environ 50 000 habitants confrontée à la fuite de ses résidents vers les communes périphériques, Chalon-sur-Saône tente de maîtriser son étalement urbain et d’améliorer son attractivité en matière d’offre de logements. C’est dans ce contexte qu’est née l’opération du quartier Saint-Jean-des-Jardins, au sein d’une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) située au nord du centre ville. Cette réalisation expérimentale constitue une réponse à l’appel à propositions Villas Urbaines Durables (VUD), lancé en 2001; elle est issue d’une gouvernance particulière, qui associe des promoteurs sociaux et privés. Elle illustre concrètement les recherches actuelles sur de «nouvelles» formes d’habitat susceptibles d’apporter des solutions à des problématiques urgentes, telles que le gaspillage foncier, la ségrégation sociale ou les enjeux climatiques.

A Chalon-sur-Saône, l’opération a permis d’édifier 30 logements locatifs, et 15 logements accessibles à la propriété. Le nouveau quartier a été implanté sur un ancien terrain maraîcher. Les maisons adossées aux murs de clôture existants forment deux rangées parallèles ; elles sont desservies par une seule voie goudronnée qui donne également accès aux garages. Ceux-ci, en bois, sont pourvus d’une toiture végétalisée ; groupés par deux, ils sont séparés par des places de parking enherbées. Les circulations «douces» (traversées piétonnes et pistes cyclables) occupent une place importante, et participent à tisser des liens avec le centre ville. Ces promenades soignées rendent le quartier plus perméable, en permettant de le traverser à pied. Un aspect intéressant du projet réside dans l’aménagement de jardins familiaux : conçus dans l’esprit de jardins maraîchers et gérés par une association, ils permettent de profiter de la présence d’espaces verts supplémentaires, et surtout de fournir une réelle opportunité de créer une vie collective.

Les logements allant du T3 au T5 sont répartis en habitats individuels et logements collectifs. Orientés nord-sud, ils sont tous traversants, ouverts et équipés d’une terrasse. Ils sont dits «évolutifs», compte-tenu de certains détails permettant de prendre en compte les besoins futurs des occupants : le nombre réduit de points porteurs, et la présence d’un linteau pour un agrandissement éventuel doivent ainsi permettre d’en réduire les coûts. La plupart d’entre eux possèdent une chambre au rez-de-chaussée pouvant convenir aux personnes âgées ou handicapées. L’absence ou la relative discrétion des clôtures contribue à créer une atmosphère assez calme, due en grande partie à la canalisation des voitures. La régularité presque monotone de l’alignement des maisons permet cependant une meilleure préservation de l’intimité des occupants en évitant les vis-à-vis (sans doute de façon plus convaincante que dans le quartier des Brichères à Auxerre, voir p. ). Les sols et espaces publics ont été réalisés avec des matériaux perméables afin de favoriser l’évacuation des eaux pluviales. L’usage d’une brique isolante monomur, de laine de cellulose ou du bois (pour les garages, abris de jardins et en bardage), la gestion des déchets de chantier illustrent également les avancées vers une conception plus citoyenne de la construction. La concertation entre les acteurs et la confrontation à des objectifs, formes et matériaux nouveaux traduisent une évolution certaine des pratiques et des mentalités. Ce premier pas représente peut-être l’apport fondamental de cette opération.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

Programme

Le programme VUD, initié en 2001 par le Plan Urbanisme Construction Architecture, insiste essentiellement sur :
– la recherche de formes d’habitat «intermédiaire», entre habitat individuel et collectif
– la mixité des programmes alliant logement social et accession à la propriété
– la prise en compte du développement durable lors des différentes étapes de conception, de réalisation et de gestion.
La qualité environnementale (choix des matériaux, chantier «propre», gestion des eaux pluviales, importance des espaces plantés, etc.) n’est donc qu’une composante d’un ensemble de questionnements et de pratiques en partie nouvelles compte-tenu de l’échelle adoptée, et de la lente évolution des mentalités.

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

3 840 m2

Coûts

4 017 825 € HT

Crédit photos

DAUBER Marc ; AUCLAIR Éric et SÉNÉCHAL-CHEVALLIER Isabelle

Date de mise à jour

20/10/2016