Réhabilitation et extension de l’école élémentaire - Pomeys

Le Bourg, 69590 Pomeys

Depuis une première requalification dans les années 80, l’école de Pomeys était devenue exiguë et vieillissante. Le programme de travaux de cet équipement communal a donc porté sur sa rénovation et son agrandissement, mais également sur sa mise en accessibilité.
A l’issue d’une consultation de maitrise d’œuvre en marché à procédure adaptée (MAPA), le cabinet d’architecte lauréat propose la création d’une nouvelle façade, implantée environ 3 mètres en avant de la l’enveloppe initiale. La surface ainsi gagnée permet de générer, outre un grand bureau pour la direction, un vaste espace polyvalent d’un cinquantaine de mètres carrés dont la vocation s’adapte au fil de la journée, tantôt hall d’entrée et vestiaire, tantôt salle d’évolution et lieu d’exposition.
Les espaces pré-existants, deux salles de classes de part et d’autre d’une salle informatique, ainsi que des locaux techniques — sanitaires et cuisine¬ — ont, quant à eux, bénéficié d’une rénovation complète.

Le bâti d’origine — en maçonnerie percée de baies et surmontée d’une charpente en bois et couverture tuilée — reçoit une isolation par l’extérieur et un enduit minéral. Des protections solaires (brise-soleil orientables) équipent les larges baies ouvertes sur les prairies pâturées et le paysage vallonné des Monts du Lyonnais.
A l’intérieur cependant, le confort lumineux souffre d’un léger manque d’uniformité, le second jour apporté par les grands bandeaux horizontaux sur la paroi mitoyenne du hall peinant à équilibrer le niveau d’éclairement des classes. Le bâtiment aurait vraisemblablement pu se prêter à un dispositif d’éclairage zénithal plus à même d’offrir un apport complémentaire de lumière directe.

De l’autre côté, l’extension construite en ossature bois est largement vitrée sur la cour. Elle offre une ambiance vivante et chaleureuse de bois blond baignée de la lumière ensoleillée du matin et judicieusement filtrée par un rideau de plantes grimpantes. Les aménagements intérieurs, dessinés par l’architecte, sont simples et soignés, dictés par des préoccupations de confort acoustique facilitant ainsi l’appropriation de ce vaste espace multifonctionnel.

A l’extérieur, les bardages en bois s’intègrent parfaitement aux ambiances colorées du village ; à l’inverse de l’isolation thermique par l’extérieur rapportée sur le bâti existant qui s’inscrit malheureusement en rupture avec son environnement : depuis les environs, le bâtiment existant réhabilité frappe en effet par sa teinte claire, un blanc lumineux qui contraste violemment sur le fond de maisons traditionnelles aux couleurs dé-saturées de terre, de pierre et de tuile.

Les préoccupations environnementales et énergétiques ont largement guidées la conception du projet. L’équipement bénéficie en particulier d’une chaufferie à granules de bois dimensionnée dans la perspective d’une future mutualisation avec le local communal limitrophe.
Les moyens d’études ont permis de réaliser une simulation thermodynamique afin d’affiner les choix énergétiques et constructifs mais également de produire tous les détails constructifs nécessaires pour assurer une continuité optimale des membranes impliquées dans l’étanchéité à l’air du bâtiment. Une évaluation environnementale d’aide aux choix de solutions techniques de construction a été réalisée afin d’évaluer le coût en énergie grise des options constructives. Cela a permis d’opter pour le recours au bois qui présente de nombreux avantages : réduction de la durée et des transports de chantier, réduction de la quantité de déchets et de la consommation d’eau lors à la construction, stockage massif de CO2 dans le bâtiment, déconstruction facilitée de l’ouvrage en fin de vie et recyclage des bois d’œuvre. L’utilisation du bois massif naturel en structure, ossature, bardage, second œuvre, aménagement intérieur et mobilier a été préférée aux lamellés-collés, médium ou triply pour son impact neutre sur la qualité de l’air intérieur.

L’isolation des enveloppes, associée à la mise en œuvre d’une ventilation double flux sur sonde CO2, permet d’atteindre théoriquement un facteur 4 de performance énergétique par rapport à l’existant (Cep_initial = 827 kWh/m².an ; Cep = 143 kWh/m²an ; Cep = Cepinitial – 83 %).
Ce projet, qui fut lauréat en 2015 du palmarès DEFFIBAT (Région Rhône-Alpes ; ADEME) récompensant les meilleures initiatives menées sur la basse consommation énergétique, mais aussi sur la prise en compte des enjeux environnementaux et de santé, constitue également sur le plan architectural une référence exemplaire pour les petites communes rurales des Monts du Lyonnais.

Texte CAUE Rhône Métropole

Programme

Extension et réhabilitation de l’école élémentaire

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

252 m2 Surface de plancher

Coûts

480 861 € TTC

Crédit photos

Julien Barrios-Lacoma

Date de mise à jour

12/09/2018