Square des acrobates à Saint-Denis la Plaine - SAINT-DENIS

rue Frederico Fellini (entrées nord) et rue Annie Fratellini (entrées sud), 93210 SAINT-DENIS

Le square des Acrobates s’inscrit dans un secteur en plein renouveau, la Plaine Saint-Denis. Plaine agricole jusqu’au XIXe siècle pour devenir une des plus grandes zones industrielles d’Europe jusque dans les années 1970, ce vaste territoire s’étend sur les communes de Saint-Denis, Aubervilliers et Saint-Ouen. Il est desservi par la route et l’autoroute (A1), le rail et l’eau (Seine et canal Saint-Denis). La désindustrialisation et la crise des années 1970, ont exigé de profondes transformations du territoire, menacé de devenir une immense friche industrielle. Au milieu des années 80 a été créé un syndicat intercommunal, Plaine Renaissance, qui posait les bases d’un véritable projet urbain, cadre de référence de l’essor actuel de la Plaine. C’est aujourd’hui, un morceau de ville cohérent qui a su séduire les entreprises tout en réservant de larges parts aux logements, aux équipements et aux espaces de loisirs. L’implantation du Stade de France a donné une véritable impulsion au projet urbain tout en promouvant une architecture résolument contemporaine. Depuis en 1999 le secteur, un des principaux pôles de développement de l’Ile-de-France, fait partie de la Communauté d’agglomération, Plaine Commune, composée de 8 villes. C’est au coeur de la ZAC Landy-Pleyel, à deux pas du Stade de France que s’est ouvert ce nouveau square. Il s’inscrit dans une trame régulière, quasi orthogonale, résultant de la jonction de la ville du XIXe siècle et du tracé contemporain, construite à partir des voies anciennes. De fait les rues qui le bordent sont parallèles à la rue du Landy et à l’avenue du Président Wilson (ancienne route des rois), principales voies d’échange au Moyen-âge. Cette ZAC est la dernière phase de celle du Landy, qui regroupe des immeubles de bureaux (20 000 m2), un vaste espace de congrès, des hôtels… Un programme de 500 logements (60% en accession ou locatif libre et 40% sociaux) ainsi que le square terminent l’opération. De fait, immeubles et jardin, conçus par des architectes et des paysagistes différents composent un même projet. Cette conception de l’aménagement urbain renvoie au projet haussmannien, un square au centre d’un ensemble d’immeubles qui lui sont contemporains. Du jardin haussmannien, on retrouve à l’échelle du quartier, l’homogénéité entre architecture et paysage, et à l’échelle de la rue, la grille, assurant la transparence entre les deux lieux tout en marquant leur césure. Espace de respiration au sein d’un quartier assez dense, les immeubles qui le bordent ont en moyenne cinq étages, il a été pensé à l’usage des habitants, parents et enfants de tous âges ainsi qu’à celui des élèves de l’Académie Fratellini, école de cirque tout proche, d’où le nom de square des Acrobates (voir fiche de l’Observatoire du CAUE93 sur ce bâtiment très original). De forme quadrilatère, d’un peu plus d’un hectare, le jardin a été dessiné en reprenant l’esprit géométrique du quartier mais en lui insufflant une note de fantaisie et de légèreté. En contraste avec l’aspect minéral du secteur, le végétal domine. Les cheminements (en stabilisé ou béton désactivé) sont rares pour laisser la place à une vaste étendue engazonnée, partout accessible, et parsemée de bouquets d’arbres de hautes tiges, baptisés les « Boscos ». Les paysagistes, Florence Robert et Frédéric Boeuf, ont collaboré avec les services des parcs et jardins de la Ville de Saint-Denis pour fixer la palette végétale. Le choix s’est porté sur la diversité et le mélange des espèces de façon à obtenir d’agréables variations tout au long de l’année et notamment de conserver des masses colorées en hiver en alternant caduques et persistants. Les bouquets, de tailles différentes aux dispositions aléatoires, créent des écrans à la manière des labyrinthes dans le sens où ils organisent des microcosmes et des espaces facilement appropriables. Mais en revanche, ils permettent une grande fluidité des passages. Dans l’ensemble ce sont plus de 170 arbres de 4 à 8 mètres de haut qui ont été plantés. A leurs pieds sont installés des bancs, des tables, propices au calme de la lecture, ou à la convivialité des piques niques….. Bien que de peu de dénivelé, le terrain ondule. La partie est, du côté du chemin des Fruitiers, se creuse légèrement pour former une plage enherbée. La conception paysagère se double ici d’une dimension environnementale. A l’occasion de fortes pluies, cette grève est inondée pendant quelques heures et permet aux eaux pluviales de ne pas encombrer les réseaux d’assainissement du quartier. Le dénivelé par rapport à la rue est rattrapé par un talus de faible pente (5%) semé de plantes vivaces, tapissantes et de petits arbres à fleur décoratifs ou à écorces colorées qui renforcent le caractère intime du jardin. Un escalier, côté nord, et une rampe accessible aux poussettes, côté sud, assurent les accès. Pelouse ondulante, plage éphémère et Ile aux Boscos, occupent la majeure partie du jardin, mais des lieux plus spécifiques ont été créés à l’ouest. Le long d’une allée qui traverse le jardin de part en part, parallèle à la rue des Cheminots, s’égrènent de petits espaces, les alcôves. Protégées par une haie mixte de graminées associée à une structure arbustive haute, dotées de bancs, elles font face aux trois aires de jeux. Ces dernières, équipées selon différentes tranches d’âge et bien identifiable par les couleurs des sols ont été conçues comme des sortes de boites végétales, isolées par des haies libres et mixtes, doublées de grillages en métal plastifié vert. Les jeux sont en bois laissant apparaître la forme des branches et des troncs. Pour les plus petits, balançoire et petit train sont disposés sur un sol souple de couleur verte. Les 6-12 ans, ont la mer à leur disposition : sur un sol bleue et « sable », ils peuvent se hisser au sommet d’un phare ou sur la proue d’un bateau. Quant aux plus grands, les jeux de ballon leur sont réservés, sur un sol gris-noir, en rappel du bitume de la rue. Le mobilier, banc, tables, corbeilles, etc… a été choisi dans la gamme de celui de la ville, mais en privilégiant le bois. Le kiosque à l’entrée de la rue Federico Fellini, est également en bois. Peint en rouge sombre il devrait à terme être enseveli sous les plantes grimpantes. La grille de clôture, haute de 2 m, est faite de barreaudage de métal plein et peinte de plusieurs couleurs créant des séquences, allant du vert clair au vert foncé en passant par le bleue. Les mats d’éclairages sont également issus du cahier de mobilier de la ville, cependant des ampoules colorées fixées sur certains candélabres apportent une lumière vert-bleutée qui rappelle les couleurs de la grille. On les retrouve aussi sur les escaliers et passerelles. Ces teintes sont en harmonie avec la palette végétale. Les paysagistes ont évité les contrastes agressifs et ont préféré les tons naturels pour les équipements et les sols artificiels ainsi que des déclinaisons douces pour les divers végétaux utilisés. Cette recherche esthétique, liée à une sensibilité au lieu et à ses usages, est au centre du travail de Florence Robert et Frédéric Boeuf. A la fois, architectes, paysagistes, infographistes, botanistes, ils sont aussi de grands voyageurs, collecteurs à la fois de plantes et d’impressions recueillies dans les jardins du monde entier. Ces compétences complémentaires, ajoutées à une véritable érudition leur permettent de créer des jardins où la variété des espèces et la finesse de leur mise en scène servent une composition picturale jamais éloignée des nécessités d’usage. Le temps est pris en compte dans la composition du jardin. Pour son action sur les variations de paysage mais aussi pour intégrer les habitudes nées de la fréquentation des lieux. Il est prévu, dans deux ans environ, de matérialiser les « chemins de l’expérience », c’est-à-dire de placer des dalles de béton sur les marques d’usure de la pelouse et ainsi de respecter les cheminements spontanés. Florence Robert et Frédéric Boeuf sont déjà intervenus à la Plaine Saint-Denis. A proximité du jardin des Acrobates, pour le « Talus des dunes », l’aménagement d’un merlon enserré entre les voies ferrées, où l’on reconnaît leur goût pour les teintes bleutées, ainsi qu’à l’immeuble Eurostade, pour l’aménagement paysager des extérieurs et des patios.

Programme

Création d’un jardin public, clos de grilles, équipé de trois aires de jeux pour enfants de tous âges

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

1 ha

Coûts

1,5 millions d'euros HT

Crédit photos

RB & Cie Architectes paysagistes

Liens pages web

Date de mise à jour

15/10/2009