16 logements locatifs sociaux en centre-ville - Bezons

39-41 Avenue Gabriel Péri, 95870 Bezons

Le projet : lieu d’ouverture et de passage

Le projet est une invitation, pour le promeneur urbain, à porter son regard de l’autre côté de l’édifice, à envisager l’au-delà du bâtiment, qui ne doit pas être un obstacle entre les rues, entre les murs, mais l’élément du tissu urbain qui, précisément, les relie.
Ramener un espace vers l’autre, invité à transcender les façades et les limites, laissé passer la lumière vers l’extériorité de la rue comme dans l’intériorité des appartements sont autant d’éléments qui participent à la qualité des usages : le projet, se conçoit avant tout comme un lieu d’ouverture et de passage tout en préservant l’intimité inhérente au programme.

Seuil.
Pour cette réalisation de 16 logements à caractère social, nous avons proposé des seuils intuitifs qui renvoient à toutes les échelles du sensible ainsi qu’aux échelles urbaines, intimes et paysagères du site.
Le premier seuil est constitué par la confrontation d’une départementale brutale et bruyante avec un projet qui assume sa fonction urbaine. L’implantation de l’ouvrage et le gabarit des deux façades visibles de la rue assurent la liaison entre un tissu constitué de petites maisons et, comme on s’approche du centre-ville, de bâtiments montant jusqu’à R+5. Les alternances de l’ouvrage entre pleins et vides renvoient donc à l’univers de la maison et du jardin tout en articulant les différentes échelles urbaines du site, de l’habitat individuel au collectif.
Le bâti s’inscrit dans la prochaine mutation de ce tissu urbain. A ce titre, face à l’austérité actuelle de la rue, la façade bois est une invitation chaleureuse à rentrer chez soi, la faille évoquant quant à elle une intériorité de l’espace n’appartenant qu’aux locataires. Ainsi le projet affirme son urbanité et sa contemporanéité tout en suggérant pour ses habitants un espace protégé, en retrait de la rue.

Transition: 16 logements, 4 bâtiments, 1 accès, 3 escaliers.
La gradation des échelles se traduit par un espace de circulation semi-privé et collectif qui s’inscrit dans la continuité du parcours de la rue à son domicile. En effet, ce n’est qu’une fois passé le portail, unique entrée de l’immeuble, que ce cheminement – à l’air libre, ce n’est pas une coursive; lumineux, ce n’est pas un couloir – offre soudain plusieurs possibilités de parcours comme autant de destinations.
De fait, il ne s’agit pas ici d’un bâtiment de 16 logements mais plutôt de 16 logements lovés au sein de quatre petits ensembles, tous différents, chacun avec sa propre identité, ses propres aménités. Mieux qu’un bâtiment monolithique, ces unités tiennent plus du logement intermédiaire que de l’immeuble collectif. Les circulations généreuses et les espaces communs proposent justement ‘d’aller quelque part’ et la notion intimiste d’arriver ‘chez soi’ en est ainsi renforcée. A noter d’ailleurs que toutes les circulations bénéficient de lumière naturelle, laquelle concourt ainsi à mettre en exergue le parcours sensible de la rue à l’appartement.

Intériorité.
La qualification des espaces se vérifie encore en coeur d’îlot. L’epannelage du projet dévoile en effet un profil urbain d’une étonnante diversité, passant de R+5 à RdC, de la rue jusqu’au fond de la parcelle et inversement. Les logements sont organisés autour d’un jardin tableau tandis qu’un velum inséré à hauteur de la vigne de la parcelle mitoyenne ouvre vers un large horizon paysager. Les locataires, dos au brouhaha urbain, ont accès à un paysage proche, celui d’un jardin calme et serein, et lointain, le grand paysage de la vallée de Montmorency.
Si la densité était bien entendue contrainte par le programme, les lignes de composition du projet ont permis la conception de logements d’une grande variété – il y a par exemple deux duplex, des appartements avec terrasses en rez-de-jardin, etc. De plus, tous les logements sont configurés aux normes PMR, même quand la règlementation ne l’imposait pas, afin que la générosité des circulations se traduise également en générosité des espaces utiles au sein même des domiciles. Lesquels sont donc tous ouverts au Sud-ouest avec vue sur le jardin et, pour la plupart, sur le grand paysage.
Cette intériorité spécifique est pour le locataire source d’appropriation. En effet, si les circulations proposent « d’aller quelque part », ce sens d’un ‘chez soi’ offre le sentiment « d’être quelque part ». C’est là peut-être surtout la meilleure traduction des intentions de l’architecte.

Trait d’union.
Le bardage bois illustre parfaitement tant la multiplicité des divers éléments du projet que l’unicité de l’ensemble. En effet, il s’inscrit tel un pli continu, son horizontalité induisant l’horizontalité du jardin et de la terrasse avant de couvrir élégamment la rampe de parking. Ensuite, il s’inscrit verticalement en façade pour enfin se retourner sur le toit et redevenir façade sur rue.
Ou comment un bardage devient en soi l’élément constituant d’un espace qui renferme l’intimité du logement tout en s’ouvrant à l’extérieur. A lui seul il symbolise, du grand paysage au jardin à l’espace public de la rue, l’attention rassurante portée par l’homme de l’art à toutes les échelles de ce site et de ce projet subtil.
Gemaile RECHAK

Programme

Construction de 16 logements sociaux

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

1250 m2

Coûts

2, 38 M€HT

Crédit photos

Milène SERVELLE

Date de mise à jour

01/03/2019