56 logements collectifs, secteur des Francs-Tireurs à La Courneuve - LA COURNEUVE

93120 LA COURNEUVE

OBS-307
Le site de l’opération était une friche issue d’un tissu villageois fragilisé par le passage des voies SNCF puis par l’autoroute. Petits collectifs et maisons individuelles s’y mêlent aux entrepôts et industries progressivement implantés sur le secteur.
Le ruban de l’A86 est venu cisailler la dynamique urbaine locale symbolisée par l’ancien tracé sinueux de la rue des Francs-Tireurs. La confrontation entre ces deux dynamiques, le développement métropolitain à l’oeuvre et un tissu faubourien constitué, ont façonné une ville hétérogène qui fait aujourd’hui l’identité
du lieu. Le projet s’appuie sur cette confrontation, au travers des caractéristiques de chaque microlocalité, gabarit des vis à vis, statut des voies, orientation, contraintes acoustiques (l’A86), matérialités présentes, pour construire l’identité propre de chaque ilot, l’identité propre de chaque corps de bâtiment.
Le programme d’une soixantaine de logements collectifs avec parking enterré se décompose en deux ilots de part et d’autre d’un carrefour. Cette fragmentation offre une présence urbaine significative au projet qui s’étire sur 150 m.
Implantés à l’alignement sur les anciens tracés (rue Jollois /rue des Francs Tireurs), les bâtiments s’ancrent au sol avec des façades lisses sans décomposition du sol à l’acrotère, avec l’intention affirmée de renforcer le tissu existant. En opposition, les corps de bâtiment implantés sur le nouveau tracé (la rue de Valmy), s’affranchissent de cet ancrage urbain, isolé du sol par un soubassement sur la hauteur du rez-de-chaussée, qui s’intercale et « suspend » les corps de bâtiments. Ce dispositif intègre naturellement à chaque extrémité l’accès aux rampes de parking.
Cette dualité se déploie dans la logique constructive : voiles extérieurs béton, avec isolation par l’intérieur pour les bâtiments « ancrés », façades à isolation intégrées (isolation extérieure, vêture fibro ciment) sur un soubassement minéral (briques de grès éclaté en mur double) pour les bâtiments « suspendus ».
Elle se poursuit dans la modénature des fenêtres : fenêtres ou portes fenêtres aux profonds tableaux avec occultation par jalousies pour les bâtiments « ancrés », fenêtres au plus près du plan de la vêture, occultées par des stores pour les bâtiments « suspendus ». Les menuiseries extérieures sont en bois (mélèze 3 plis) lasuré.
Les façades sud idéalement orientées sur les cours jardins en coeur d’îlot présentent des balcons filants pour le confort d’été. Un bardage bois (mélèze de Sibérie) habille totalement la façade sud, volets coulissants et sous face des balcons compris. Cette unité de matériau bois veut troubler l’échelle en s’apparentant à un meuble dans l’intention de renforcer la domesticité et les qualités d’intériorité de cet
espace partagé.
Chaque îlot est fermé par une grille. Les nombreuses failles multiplient les transparences entre la rue et les cours jardins. Chaque hall est traversant, paliers d’étages et cages d’escalier sont éclairés naturellement.
L’ensemble des logements, à partir du T3, bénéficient de 2 voire 3 expositions ainsi que de salles de bains éclairées naturellement. Une paroi sèche amovible sur vérins permet de proposer un grand placard à l’entrée de la salle de bains latéralement au WC, ainsi adaptable dans le respect de la réglementation
PMR. Ce dispositif est répété chaque fois que cela est possible.
L’épannelage du bâti, du R+4 au R+1, décline quelques terrasses intermédiaires qui, surplombées par des logements, sont soit végétalisées soit traitées en couverture zinc naturel à faible pente.

Programme

57 logements collectifs avec caves et parking enterré

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

4000 m2 (SHAB)

Coûts

7,5 millions d'euros HT

Documents

Crédit photos

Atelier Jacquard-Pignot

Date de mise à jour

29/07/2019