Café la pêche à Montreuil-sous-Bois - MONTREUIL-SOUS-BOIS

16 rue Pépin, 93100 MONTREUIL-SOUS-BOIS

OBS-26
Ce café pas comme les autres est avant tout un lieu associatif à l’histoire singulière. Il est né en 1994, grâce à une initiative lancée par le ministère de la culture en 1991, le projet « café-musique ». L’idée de départ était de contribuer à la création de petits établissements culturels, mi-cafés, mi-espaces scéniques, implantés dans les quartiers populaires, les banlieues, les petites villes ou le milieu rural. Faisant l’objet d’une marque déposée et d’un label, ces établissements devaient répondre à certains critères d’aménagement, d’insonorisation et de fonctionnement afin d’obtenir des subventions d’équipement et de démarrage auprès de l’état, par le biais des DRAC. Les communes pouvaient également investir dans les projets, ce qui a été le cas de Montreuil. Le lieu choisi a été un terrain situé dans une des rues les plus anciennes de la commune, à mi-chemin entre le centre-ville et les coteaux où subsistent tant bien que mal les derniers murs à pêche. En effet, si le nom du café exprime bien l’énergie qui se dégage des lieux il renvoie surtout à l’histoire de la ville et notamment à la culture de la pêche en espalier qui a fait sa gloire et sa fortune à partir du XVIIe siècle. La rue offrait un paysage assez traditionnel de maisons et de petits immeubles, seulement interrompu par le lycée Jean-Jaurès. Depuis, cette artère en lisière du vaste projet urbain de rénovation, « coeur de ville » a vu ses abords se transformer par de nouvelles réalisations. A l’époque, le café était l’intervention contemporaine la plus marquante. Le terrain, en longueur, épouse les formes d’un polygone irrégulier dont un des petits côtés est sur la rue. Il était occupé en partie par un bâtiment du XVIe siècle, une ancienne grange horticole à un étage et coiffé d’un toit de tuile à trois pans. Le projet a consisté à réhabiliter cet édifice et à construire un bâtiment neuf en extension, occupant toute la surface de la parcelle jusqu’à l’alignement de la rue. Le programme, établit avec le service jeunes de la ville, consistait à offrir à la fois un lieu de vie (café, restaurant, jeux) et une structure permettant des activités semi professionnelles (salle de spectacle et studios de musique dignes de ce nom). Les architectes Antoine Bres et Béatrice Mariolle ont opté pour un bâtiment sur rue qui se distingue par son traitement contemporain, mais dont la volumétrie respecte le rythme des constructions mitoyennes (alternance de volumes hauts et bas). Il apparaît sous la forme de deux blocs à un et deux niveaux, de formes irrégulières, et couverts de toits en zinc. La grande vitrine du café se ferme par une grande grille coulissante en tôle perforée d’acier galvanisé. Ce système permet deux approches du bâtiment, l’une un peu sévère de bunker, mais qui se transforme lorsque la grille est ouverte en tableau de Edward Hopper, peintre américain dont la référence est revendiquée par les architectes. Sur sa droite, une autre influence picturale, celle du graffiti, se présente sous la forme d’une fresque qui couvre les murs des bâtiments adjacents. Cette petite façade dissimule des espaces généreux que l’on découvre dés l’entrée. Une perspective en diagonale, offrant une vision jusqu’au plus profond de la salle de spectacle, permet de découvrir la véritable échelle du bâtiment. L’ambiance a été voulue lumineuse et colorée, et de fait les lieux sont éclatants grâce aux tubes au néon, aux murs rouges vermillon, aux portes vertes, et au sol noir et bleue. La juxtaposition des différents espaces, y compris par rapport au voisinage, a demandé une étude acoustique poussée, de façon à pouvoir faire vivre ensemble lieux de convivialité (bar, salle de spectacle), studios de musique et ateliers. Le rez-de-chaussée est dédié aux rencontres, avec un bar (sans alcool) accompagné d’un web café, un restaurant (à midi seulement) ainsi qu’une salle de spectacle de 150 places. C’est là qu’on lieu également des expositions et des débats. La cuisine a été installée dans le vieux bâtiment, à l’arrière duquel s’ouvre un petit jardin de 30 m2. Au premier étage et en mezzanine sous la belle charpente, sont installés l’atelier multimédia et les bureaux. Les trois studios totalement équipés (amplis, consoles, batterie…), pour les répétition comme pour les enregistrements, sont au sous sol. Leur superficie varie de 20 à 26 m2. Les performances acoustiques du bâtiment, interne et urbaine, ont nécessité un travail en collaboration avec l’ingénieur acousticien Rémi Raskin. Etudes et mise en oeuvre ont représenté 20% du budget. La première contrainte était de respecter les niveaux sonores dans l’environnement. La solution adoptée a été la construction d’une coque béton fermée par des portes acoustiques 45dBA. La seconde contrainte était de répondre à des exigences de fonctionnement simultané, par exemple un concert dans la salle de spectacle et des répétitions dans les studios. Chaque espace est isolé dans une boite désolidarisée de la structure du bâtiment : 0,80 cm environ sépare la sous-face du plafond des studios du niveau fini du sol de la salle ; dans la salle comme dans les studios, une dalle béton de 10 cm montée sur des plots élastiques à vérins permet une désolidarisation complète avec le plancher support. La composition des murs satisfait aux qualités recherchées : absorption, isolation ou réflexion des sons. Enfin, la volumétrie complexe de la salle de spectacle est une synthèse des exigences acoustiques (aucune face parallèle) et le travail sur les formes extérieures. Ces nécessités acoustiques en ont entraîné d’autres, notamment celles de l’éclairage naturel. Il était impossible de percer des fenêtres dans la grande salle et de fait, seule une verrière à la liaison entre l’existant et le neuf, crée un mur de lumière. Une étude soignée de l’éclairage a permis d’apporter des ambiances variées offrant à cet espace des possibilités d’utilisation diverses de jour comme de nuit. Près de quinze ans sont passés depuis son ouverture, Le Café La Pêche a évolué, mais il fonctionne toujours selon les principes d’origine. Il est géré par des jeunes et les élus de la ville. Aujourd’hui, l’association développe toujours ses activités autour de la musique : une programmation éclectique dans la salle (concerts le vendredi et/ou le samedi) et accueil des musiciens dans les studios. Elle reçoit aussi des artistes en résidences et organise des ateliers thématiques (par exemple de M.A.O, musique assistée par ordinateur). Les résidences sont destinées aux artistes régionaux professionnels ou inscrit dans une démarche de professionnalisation, et portent sur la création ou la prestation scénique selon la nature du projet. Les résidences peuvent être longue (jusqu’à un an renouvelable) ou courte (autour d’une semaine). Le Café la Pêche accueille également un point d’information et d’accompagnement pour les jeunes majeurs (18 – 25 ans) grâce aux projets du secteur Vie sociale et citoyenneté, antenne du service municipal de la jeunesse. Ces projets concernent un espace multimédia ouvert à tout public, l’organisation de soirées thématiques et de débats, des ateliers de PAO (Publication assistée par ordinateur et création de sites Internet) et enfin Cap sur le monde, une structure qui aide les jeunes à monter des projets à vocation culturelle, humanitaire ou solidaire à l’étranger.

Programme

Equipement associatif comprenant un bar-restaurant, une salle de spectacle, des studios de musique et des ateliers.

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

272 m2 (shon) réhabilitation + 484 m2 (shon) neuf

Coûts

1,78 millions d'€ (TTC)

Documents

Crédit photos

CAUE 93

Date de mise à jour

22/07/2019