Centre Pompidou de Maubeuge - Maubeuge

14 Rue de la Croix, 59600 Maubeuge

Peut-on réaliser un grand musée, ambitieux, qui s’inscrit dans la volonté de s’adresser à un vaste public, en mettant en œuvre des moyens architecturaux simplifiés, en ôtant de la matière plus qu’en en ajoutant, en soignant un corps de bâtiment fragile, en accompagnant doucement cette fragilité ?

L’installation pour quelques années du Centre Pompidou à Maubeuge a pris la forme d’une intervention singulière au sein d’un ancien arsenal militaire, aujourd’hui destiné à recevoir une collection d’art moderne et contemporain. Construit entre 1679 et 1683 par Vauban dans un ensemble urbain défensif, l’Arsenal faisait partie d’une enceinte au cœur des fortifications.Durant le mois de mai 1940, les bombardements de l’armée allemande ont entièrement réduit en ruine l’intramuros de la ville. Celle-ci fut alors reconstruite par l’architecte-urbaniste André Lurçat selon un modèle d’urbanisme participatif emblématique. La radicalité des expressions de Lurçat, les formes épurées, les places médiévales non centrées bordées de volumes modernes, ont reconfiguré le centre ville jusqu’à la gare en frange.

L’implantation du Centre Pompidou à Maubeuge s’appuie sur « la puissance des faits » urbains, voire du récit qui les porte. Le bâtiment de l’Arsenal, édifice parallélépipédique de 103 mètres de long sur 15 mètres de large et 15 mètres de haut, se présente comme un corps malade, dont les fissurations affleurent sur ses quatre faces. La toiture détériorée est à démonter sur 1/3 de sa surface. Ce corps  peut-il de ce fait, à travers ses fragilités, apporter des éléments pour concevoir des espaces propices à la perception de l’Art d’aujourd’hui et du siècle précédent ? Ces fragilités peuvent-elles guider nos réflexions, nos essais, nos recherches sur les spatialités interrogatives, sur les questions de l’outil muséal ?

L’histoire de ce bâtiment nous apporte une seconde piste pour appréhender et concevoir ce musée. En effet, l’Arsenal se présente aujourd’hui comme un volume simplifié sur trois plateaux avec une toiture horizontale. Les percements de fenêtres semblent correspondre au dessin d’origine. En réalité, cette apparence est une « formidable falsification ». Le 25 avril 1923, à la veille d’un contrôle des armements, l’Arsenal explose, se débarrassant ainsi de toutes ses structures intérieures (colonnes placées sur un axe central), et de sa toiture à bâtière. Seuls restent les quatre murs périphériques. En 1936, des travaux conséquents vont remonter le volume d’un niveau, et diviser l’espace selon une trame de murs de refend. Les baies vont être pour une part transformées (toutes les portes par exemple) et un enduit de ciment va mimer les dessins architectoniques originaux, masquant ainsi la matière réelle formée de briques et de pierres de taille.

© HBAAT

Programme

Réhabilitation du bâtiment de l’Arsenal en Espace d’Exposition

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

3453 m2 SHON

Coûts

5 800 000 € HT

Documents

Crédit photos

HBAAT

Date de mise à jour

21/09/2016