Dans les années soixante-dix, le gouvernement décide la construction d’un grand centre de recherche et de formation en technologie. En effet, face au besoin croissant de techniciens spécialisés et à la concurrence outre-atlantique des MIT, le ministre Olivier Guichard propose d’assurer une formation longue durée des cadres techniques et de développer la recherche appliquée, en liaison avec l’industrie. La ville de Compiègne est choisie pour construire cette nouvelle université en 1970, en tant que « pôle principal d’activités tertiaires d’une zone d’appui du Bassin parisien ». Ce nouvel ensemble de bâtiments est implanté dans différents pôles au sein de la ville, le long de l’Oise : il doit renforcer le centre et le relier aux zones d’activité industrielle et de recherche.
Le pôle central, situé place Jean Mermoz, reçoit les activités d’enseignement général et les fonctions administratives. Le pôle intermédiaire, près de la ZUP, accueille les résidences des étudiants. Quant au centre Royallieu, il est implanté en périphérie, et relié à la ZAC et au pôle industriel de la ville. Ce projet s’intègre ainsi à la trame urbaine existante de Compiègne et ne forme pas un îlot, à l’écart des activités de la ville, comme c’est le cas pour d’autres projets similaires.
Le programme du centre Royallieu prévoit la construction de laboratoires, d’ateliers, de salles de classe, de magasins devant recevoir du matériel lourd, de bureaux et de tout équipement nécessaire au fonctionnement d’une université (restaurant, salle de sport). L’université est construite sur un terrain de six hectares. La composition d’ensemble s’organise en longueur autour d’une circulation interne à l’université et située au premier étage. Elle relie l’administration et la médiathèque aux locaux d’enseignement et de recherche de la zone nord. La circulation des fluides est supportée par cette galerie piétonne à laquelle chaque bâtiment est attaché. Des blocs de recherche et de travaux pratiques constituent un ensemble à part, en zone sud, et séparé du reste de l’université – bien qu’ils y soient reliés par une passerelle en continuité de la galerie piétonne – par une voie automobile. Ils sont ainsi accessibles aux véhicules lourds. Cette implantation du site aurait pu couper la ZUP du parc de loisirs des bords de l’Oise, mais l’université est traversée par deux rues piétonnes perpendiculaires à l’axe du bâtiment, et ouvertes au public, en rez-de-chaussée. Ainsi, l’établissement est en constante relation avec la vie extérieure. La première de ces rues, de 200m de longueur, est couverte et dessert les locaux universitaires et polyvalents non universitaires (salle de sport municipale avec gradins, restaurant), en prolongement des cheminements piétons du nouveau quartier. On y découvre la grande façade vitrée de 16m du hall de génie chimique qui présente, telle une vitrine, les expériences effectuées au centre, le hall d’entrée d’un amphithéâtre, des locaux syndicaux, des locaux disponibles pour l’installation de boutiques et une aire de jeux avec un gymnase à la façade vitrée. La traversée est ainsi bordée de portiques, de loggias, et de balcons et évoque les rues piétonnes des villes traditionnelles. L’autre franchissement piétonnier mène du centre commercial au parc urbain en longeant le terrain de sport. Autour de l’établissement, de nombreux espaces verts apportent des respirations végétales et sont ouverts au public. Seules les zones d’expérimentation sont clôturées. Le système constructif appliqué ici est conçu pour être évolutif, en fonction des besoins futurs de l’université. On le retrouve dans le bâtiment Franklin de l’université, édifié cinq ans auparavant et qui préfigurait déjà la construction de nouvelles branches ou de bâtiments, en prolongement de l’établissement originel. Ce système constructif suit une trame modulaire de 7,20m, sur laquelle se rattachent les différents groupes d’activités de l’université, et susceptible d’être répétée autant de fois que nécessaire. Les grappes de bâtiments composent une sorte d’organisme cellulaire dont l’agencement s’inscrit dans une démarche antimonumentaliste. La composition de l’université est donc ouverte aussi bien de l’intérieur que vers l’extérieur et en constante relation avec l’activité sociale et industrielle de la ville. Le site accueille aussi des édifices plus récents (comme un amphithéâtre ou une halle de sport), en marge de la trame initiale.
Info visites : Visible depuis l’espace public.

Programme

Le programme du centre Royallieu prévoit la construction de
laboratoires, d’ateliers, de salles de classe, de magasins devant
recevoir du matériel lourd, de bureaux et de tout équipement nécessaire
au fonctionnement d’une université (restaurant, salle de sport)
Intérêt du projet : Construction évolutive.
 ntégration dans le tissu urbain ancien et nouveau.

Circulations superposées qui jouent sur le rapport entre extérieur et intérieur de l’université.

Intégration des espaces verts.

Année de réalisation
1980
Surface(s)
25000 m² SHON
Coûts
Non communiqué
Crédit photos
Dottelonde et associés
Réalisation mise à jour
septembre 2022
debug, no arrray