Cité de la Bonne Dame de l’Orme - Varennes-Vauzelles

58640 Varennes-Vauzelles

Architecture du XXe de la Nièvre

Dès 1912, année durant laquelle le chantier des ateliers de réparation est entamé, la presse locale anticipe le lotissement des zones vierges voisines de l’établissement. L’hébergement des ouvriers, dont le nombre est estimé à 800, doit être assuré à proximité du lieu de travail. Dépassant les premières prévisions, le nombre d’employés atteindra finalement 1200 personnes entre les deux guerres. Le conflit mondial marque l’abandon d’un projet de quartier mis à l’étude dès 1913. En 1920, un chantier d’envergure est relancé.

Edifiée par tranches jusqu’en 1931, la Cité de la Bonne Dame de l’Orme délivre 600 logements. Etablie à Vauzelles selon une trame géométrique de rues bordées d’arbres, elle se présente comme une petite ville dans la ville. Si tous les équipements prévus à l’origine n’ont pas été construits (on a par exemple renoncé aux bains-douches), des écoles, un parc, et une église structurent notamment le quartier. Commandée par la Société Immobilière du Nivernais pour les employés de l’EIMM, la cité compte 340 maisons de 32 types différents. Les habitations individuelles et jumelées disposent de jardins de 300 à 400 m2 plantés d’arbres fruitiers et d’arbustes dès leur première mise en location. Une des originalités du parti architectural réside dans les colombages des façades, et dans les murs de clôtures érigés sur la rue et ornés de plantes grimpantes. La volonté de protéger les jardins de la vue des passants n’est pas habituelle dans les cités ouvrières, dans lesquelles les espaces extérieurs participent généralement à la surveillance collective des occupants. On note le degré de confort atteint par ces logements qui disposent de salles de bains (l’architecte a cependant volontairement renoncé à l’introduction de baignoires dans un souci d’économie d’eau). La distribution en eau potable est effective dès 1920. Les maisons bénéficient de l’électricité et du tout-à-l’égout dès 1924.

La vente des maisons aux particuliers à partir de 1978 nuit à l’homogénéité de la cité. Le ravalement des façades, qui cache bien souvent les colombages, le percement des clôtures pour l’édification de garages, entravent la conservation de la cohérence initiale. L’importance à l’échelle de la commune de ce quartier d’habitation et des ateliers est telle que Varennes-lès-Nevers a été renommée pour intégrer le nom du hameau. Les multiples extensions du bourg motivées par l’activité ferroviaire et plus récemment par celle des zones commerciales et industrielles tendent à la création d’une ville aux contours aujourd’hui difficilement apréhendables.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

 

 

 

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

Non communiqué

Coûts

Non communiqué

Crédit photos

CAUE 71

Date de mise à jour

03/11/2016