Complexe musical de l’association « Banlieues Bleues » à Pantin - PANTIN

9, rue Gabrielle Josserand, 93500 PANTIN

Banlieues Bleues est une association qui a pour vocation d’organiser des concerts de jazz et de blues dans le cadre d’un festival qui a lieu chaque printemps. Créée en 1984 sous l’impulsion de plusieurs villes de Seine-Saint-Denis, sa renommée a été croissante depuis, lui valant une reconnaissance nationale dans le milieu musical. Ainsi, Le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, le Ministère de la Culture et la Région Ile-de-France se sont associés pour financer la réalisation de locaux pour l’association. Le lieu choisi pour le projet fut l’ancienne fabrique de l’entreprise Noirot et Lefaux à Pantin, qui fabriquait autrefois des sacs en toile de jute. L’activité ayant cessé, le département de la Seine-Saint-Denis s’en est porté acquéreur en 1999, et a lancé un concours pour l’attribution du projet. L’équipe lauréate fut l’agence Périphériques, dont les architectes sont David Trottin, Emmanuelle Marin, Anne-Françoise Jumeau et Louis Paillard. La commune de Pantin, située à la limite Nord-Est de Paris, est dotée d’un patrimoine industriel ancien, avec notamment les Grands Moulins de Pantin. Les locaux de Banlieues Bleues se trouvent dans le quartier des Quatre Chemins, proche de la Porte de la Villette. C’est un lieu animé et populaire, où l’on note une mixité entre habitat et industrie. Avec la désindustrialisation, un certain nombre d’activités ont cessé, laissant les bâtiments vacants. C’est le cas des Grands Moulins, dont la réhabilitation permettra prochainement l’accueil de 50 000 m2 de bureaux. Dans le quartier des Quatre Chemins, un projet de pôle artisanal est en cours. Pour cela, la ville a financé la réhabilitation et la construction de 15 locaux pour artisans. De plus, la réalisation d’un « Centre de ressources – Département des Métiers d’art » est prévue en février 2008. L’entrée principale du bâtiment se situe au 9, rue Gabrielle Josserand, à 2 minutes de l’arrêt de métro Aubervilliers – Pantin – Quatre Chemins. Plusieurs lignes de bus marquent l’arrêt à proximité. La parcelle est située en coeur d’îlot, avec un accès rue Gabrielle Josserand et un autre avenue Edouard Vaillant. Au centre se trouve la halle de l’ancienne fabrique, dont la structure en cornières métalliques est toujours en bon état. Le programme a donc inclus la réhabilitation de la halle, donnant ainsi un certain cadre dans lequel inscrire le projet. L’entrée avenue Edouard Vaillant donne sur une cour encadrée par des bâtiments bas en briques, autrefois utilisés comme écuries, logements ou bureaux. Ils seront transformés à terme en studios de répétition et d’enregistrement. La parcelle accueillait aussi un atelier de fabrication, pour la couture de la toile de jute, et un bâtiment ouvert, pour le séchage, qui ont été détruits lors de la reconstruction. Les architectes ont choisi de conserver le bâtiment datant de 1908 en le recyclant grâce à l’ajout d’éléments nouveaux. Dans le cadre du concours, le parti architectural proposé par la plupart des architectes a été de placer la salle de concert dans la halle, rendant le volume opaque du fait de l’isolation acoustique nécessaire. À l’inverse, les lauréats ont choisi de conserver la luminosité de la halle, traitée en verre. Celle-ci constitue donc le coeur du projet : elle accueille différents volumes dont la disposition crée des relations entre intérieur et extérieur. La salle de concert est placée à l’ouest de la parcelle, et sa conception contraste volontairement avec le reste du projet. Le programme comprend la réalisation de bureaux, destinés à l’administration, de salles et studios de répétition, d’un espace d’exposition, d’une cafétéria et d’une salle de concert. A l’entrée du bâtiment, une esplanade fait le lien entre la rue et la halle. Un jeu de retraits et d’avancées de volumes cubiques s’oppose à l’alignement des espaces à l’intérieur. La nef constitue le coeur de l’installation, et distribue les différents espaces : les bureaux, les salles et studios de répétition et la cafétéria. La grande verrière baigne la halle d’une belle lumière. L’accès à l’étage se fait par un escalier dans la halle, vers une mezzanine métallique menant aux bureaux. Les studios de répétition, donnant sur le jardin ou sur la halle, sont constitués d’un long volume en porte-à-faux revêtu d’écailles dorées. La cafétéria est surmontée d’une des salles de répétition. Le volume ainsi créé par les deux espaces (cafétéria et salle de répétitions) apparaît dans la halle avec une géométrie accidentée, par une paroi verticale brisée aléatoirement, créant une relation entre la halle et le jardin. La salle de diffusion est un bâtiment neuf accolé à la halle qui adopte une géométrie dynamique dont la forme est prismatique. Le volume, presque entièrement clos du fait de l’isolation acoustique, s’ouvre sur le jardin par une double façade vitrée. Choix constructifs et techniques : La structure de la halle a été conservée du fait de son bon état. Par contre l’habillage a été totalement changé, avec la pose de panneaux de verre pour obtenir une grande luminosité. Le volume est clos, couvert et isolé mais non chauffé et ventilé en été. La mezzanine et l’escalier hélicoïdal sont en acier. Les bureaux, les salles et les studios en mezzanine ont été réalisés en béton armé, ainsi que les poteaux pour les soutenir. Leurs planchers sont en bacs collaborant, et l’habillage de chacun des volumes a été réalisé avec des bardeaux d’aluminium anodisé. La structure de la salle de concert est constituée par un mur porteur sur lequel vient s’appuyer une charpente métallique et un complexe isolant garantissant la qualité acoustique de la salle. À l’extérieur, l’étanchéité est posée sur bac acier, et le revêtement est réalisé avec des lames de pin Douglas (traité classe 3). L’aluminium anodisé utilisé dans une teinte claire pour les volumes à l’intérieur de la halle contraste subtilement avec le traitement en bois de la salle de concert. La charpente métallique de la halle a été peinte en rouge minium, couleur aussi utilisée pour la tôle perforée qui habille l’escalier hélicoïdal. L’encadrement et les portes menant de la halle vers la salle de concert ont été peints en violet, marquant ainsi nettement l’accès. Le bâtiment bénéficie d’une bonne renommée, notamment grâce à la qualité acoustique de la salle de concert. La convivialité de l’espace d’entrée de la halle est aussi beaucoup appréciée, et sa dimension permet un accueil confortable. L’originalité du lieu lui a valu l’appellation de « fabrique musicale », ce qui donne ainsi un cadre particulier à un style de musique en constante création. La réalisation de l’agence Périphériques montre une grande sensibilité à la musique. En témoigne l’aspect ludique et « jazzy » de la composition du bâtiment. Cette expression architecturale offre ainsi un lieu qui entre en résonance avec festival de Banlieues Bleues.

Programme

Salle de concert, salles et studios de répétition, bureaux, espace d’exposition et cafétéria.

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

2 200 m2 (SHON)

Coûts

2 820 000 € (TTC)

Crédit photos

BOEGLY Luc

Date de mise à jour

15/10/2009