Dojo et salles de boxe
Le complexe sportif regroupe deux programmes, mais se présente sous la forme d’une seule entité architecturale placée le long de la voie ferrée et du boulevard Maréchal-de-Lattre-de- Tassigny à Lons-le-Saunier. Le site de l’opération est fortement contraint par des axes très passants. Un socle en béton sans fenêtres constitue la base massive du projet et ancre l’édifice dans son site. Des parties émergentes en toiture, bardées de bois, permettent un grand apport de lumière grâce aux ouvertures zénithales.
À l’intérieur, cette disposition permet de créer des jeux de lumière offrant aux arts martiaux la dimension spirituelle qu’ils enseignent. Malgré une grande simplicité spatiale, le bâtiment accueille une multitude de disciplines (énergie full, boxe, aïkido, judo, karaté) de manière qualitative.
Par un jeu de renfoncement dans le socle, l’entrée est clairement visible sur la façade sud. Ce lieu est doublé d’une cour permettant d’être mieux identifié, tout en desservant de façon rapide les entrées respectives du dojo et des salles de boxe. La cour apparaît comme le premier lieu d’accès au complexe sportif, en lien avec le paysage à travers les voiles en béton de l’entrée sur le village de Montaigu dominant la ville. Cette partie « creusée » du socle est traitée de façon accueillante : végétation, teintes vives des murs périphériques, dont le volume en négatif contraste avec les volumes bois émergeant de l’assise. L’atmosphère créée par cette disposition s’oppose aux nuisances sonores du boulevard.
Les aires de combat du dojo départemental sont placées au centre du premier bâtiment et découpées en trois zones de tatamis grâce à une cloison mobile permettant une isolation acoustique indispensable au déroulement des différents cours donnés simultanément. En phase de compétition, le mur mobile est replié dans un placard, ce qui permet de dégager une grande zone de combat.
Au sud, une tribune longe la façade de l’édifice pour accueillir le public. La séparation entre le public et les vestiaires des sportifs permet ainsi de centraliser l’espace des tatamis. Au nord, une circulation unique borde les salles de tatamis. Elle crée ainsi un espace tampon entre les vestiaires et les tatamis et contribue à une meilleure gestion des flux de personnes (circulation pieds nus des différents clubs et circulation en chaussures de ville).
Les vestiaires et tous les locaux servant à la gestion des clubs et des compétitions (bureaux, locaux techniques et sanitaires) sont desservis par un couloir les séparant de la halle de tatamis. Outre le déplacement des personnes, le volume architectural dédié à la circulation permet le passage des fluides entre les locaux techniques et les diverses salles du dojo. Ce dispositif est inspiré des espaces servis et espaces servants conçus par l’architecte Louis l. Kahn.
Les salles de boxe se conforment au même schéma de fonctionnement que la partie dojo : les espaces sont éclairés de façon zénithale. Les espaces de service sont positionnés en partie nord. Seul le bureau de la salle de boxe déroge à la règle et vient se placer contre la façade sud pour mieux contrôler l’accès à la salle.
Sur un plan énergétique, le bâtiment bénéficie d’un grand confort, été comme hiver, grâce à une forte inertie de l’édifice. Pour parfaire l’ensemble, une installation photovoltaïque est implantée sur la toiture haute, pour une surface de 555 m², capable de produire une puissance de 103 kWc.
(Texte Atelier Tardy)
Construction d’un complexe sportif départemental
Dojo et salles de boxe
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