Habiter un doyenné - Saint-Vincent-des-Prés

71250 Saint-Vincent-des-Prés

L’origine du projet nait de la rencontre en 2011 de la famille Rochegonde avec le hameau de Bézornay, son doyenné clunisien et sa chapelle du XIème siècle classée a l’inventaire supplémentaire des monuments historiques ; et le lien avec l’architecte Ludovic Forest. De part et d’autre une approche commune visant à redonner à la chapelle son intégrité, et à créer une extension résolument contemporaine, tel un nouveau bastion au sein du doyenné, afin de répondre aux besoins d’une famille nombreuse.

La dimension exemplaire de l’architecture de la chapelle invite à la restitution du volume général dégagé de toutes fonctions et interprétations domestiques. Ainsi, sont restituées les caractéristiques fondamentales de la chapelle, dénaturées lors de sa mutation en habitation. Elle est dégagée de l’auvent au Sud, recentrée sur son pignon Est, débarrassée de son plancher et de son incongrue cheminée. Sa nef et son unique abside en encorbellement retrouve son intégrité sous la voûte en berceau. Ses arcatures et corbeaux sont restaurés, ses façades recomposées en accord avec l’esprit des XI° et XII° siècles.

En liaison directe avec l’existant restauré, mais sans impact sur la chapelle, l’extension est édifiée comme une nouvelle dépendance du doyenné. Elle se déploie à l’abri de la courtine jusqu’en limite du terrassement supérieur, englobant les constructions annexes dans sa composition. Ce mélange entre une interprétation contemporaine et les élévations en pierre des vestiges de temps immémoriaux fonde la tension du projet autour d’une passerelle tendue entre les styles et les époques, qui rend plus sensible encore la volonté de préserver et de valoriser l’existant, et de vivre commo-dément avec son siècle. Le projet propose alors la constitution de trois bastions, volumes simples bardés de bois, jouant de l’équilibre des masses avec la courtine. Ces trois éléments composent, sur un niveau largement vitré en rez-de-jardin, la fa-çade Sud adossée à la courtine. Une écriture structurelle intemporelle de madriers et de planches marque l’interprétation formelle d’une architecture de fortification, non domestique, inhospitalière de prime abord, mais subtilement habitable et discrète-ment ouverte sur le paysage. Respectant les impératifs de préservation du site, une simple structure d’acier supporte les bastions de bois, comme autant de cellules pour la vie domestique, qui, de courtines en chemins de ronde, conduisent à la terrasse qui domine le site.

Programme

Restauration d’une chapelle et extension contemporaine

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

400 m2

Coûts

680 000 € HT

Crédit photos

FOREST Ludovic, architecte

Date de mise à jour

05/03/2021