Projet présenté lors de la Semaine de l’Architecture 2002 du CAUE 44.

Du haut du quatrième étage une rangée d’arbres impeccablement alignés semble s’offusquer des taillis ébouriffés jetés en lisière du dallage de la place de Bretagne. Tétrarc semble ainsi nous rappeler que la ville intègre les végétaux selon plusieurs registres culturels. Et que la sienne est savante. Il le fait avec discrétion car ici, l’essentiel est ailleurs. Tranchée par les voies du tramway, poinçonnée par deux accès de parking, transpercée par les vents, écrasée par sa Tour, la place de Bretagne est en ville mais ignore l’urbanité. Par arrogance, un architecte invité à y construire aurait pu prétendre l’en doter. Tétrarc, lui, y a édifié une balise temporelle. Et le miracle se produit : loin d’être une machine célibataire, cette construction singulière entre en résonance avec le trio déjà existant pour nous offrir le résumé de l’histoire nantaise de ces cinquante dernières années. La Poste et l’URSSAF, ces deux immeubles blancs aux stries verticales, témoignent de la renaissance de la ville après les bombardements aériens de la Seconde Guerre Mondiale (1). La Tour de Bretagne, totem brun vitré d’une trentaine d’étages, symbolise l’adhésion de la métropole régionale au système économique des Trente Glorieuses (2). Le nouvel immeuble de Tétrarc aux formes inhabituelles signe l’ère d’une capitale régionale tournée vers la complémentarité des fonctions et la valeur ajoutée de la création. (Texte TETRARC)

Notes (par le C.A.U.E. de Loire-Atlantique) :
1 – La place de Bretagne est un élément du plan de reconstruction de la ville de Nantes, dessiné en 1945 par l’architecte lyonnais Michel Roux-Spitz, après les bombardements de la Seconde guerre Mondiale. Réalisée à partir de 1954, la place s’organise de façon symétrique du côté des bâtiments de la Poste (achevée en 1963) et de l’URSSAF (achevée en 1964 par les architectes Liberge et Joëssel).
2 – La Tour Bretagne fut construite de 1971 à 1976 par l’architecte André Devorsine.
3 – Michel Roux-Spitz, dans ses formes urbaines comme dans son langage architectural, était adepte d’une modernité tempérée, empreinte des principes issus de l’architecture et de l’urbanisme classiques. Son plan de reconstruction est l’héritier direct des plans d’embellissement du XVIIIe siècle. Gabriel Chéreau, avocat nantais, adepte des idées modernistes de Le Corbusier, s’opposa aux options de Roux-Spitz, qu’il considérait comme passéistes.
4 – L’immeuble de la Trésorerie Générale, construit en 1953-1954 par l’architecte André Châtelain, en pierre de taille pour les façades sur rue, en moellons de pierre pour les arrières.

http://www.tetrarc.fr/

Programme

Construction d’un immeuble mixte de logements, commerces, bureaux

Concepteur(s)

Maître(s) d'ouvrage(s)

Année de réalisation

Surface(s)

Commerces : 3500 m2 (SHON) / Bureaux : 1200 m2 (SHON) / Logements : 1400 m2 (SHON)

Coûts

4 878 368 €

Documents

Crédit photos

Philippe RUAULT

Date de mise à jour

14/10/2011