La démarche procède de deux mouvements, l’un visant à adapter le projet à son contexte topologique et social ; l’autre cherchant plutôt sa transformation.

ADAPTATION

paysage intérieur

un site suburbain en pente douce, qui jouxte un paysage de campagne

  • constituer une matrice spatiale dispersée, alternant constructions et espaces non bâtis
  • perméabilité aux vues et aux parcours
  • adaptation fine à la topographie
  • la profondeur de l’emprise foncière (± 30 m) permet de reconstituer un paysage intérieur mêlant constructions et plantations

l’imaginaire suburbain

Le projet s’appuie sur les stérétotypes suburbains (échelle des constructions, place de la voiture, archétypes)

A – l’échelle des bâtiments correspond à celle d’une grosse maison (mansion, maison de maître).
> une échelle domestique

B – le stationnement n’est ni honteux, ni mis en scène, il est intégré naturellement aux parcours quotidiens.
Les espaces de stationnements sont éclatés en petites poches à proximité des logements.
> Le parking comme hall d’entrée

C – les constructions empruntent formes et matières à l’imaginaire de la maison suburbaine:

  • une forme archétypique élémentaire, et déshabillée de ses habits trop triviaux (balcons, gouttières, porches…)
  • un travail par soustraction, de volume (les loggias, les chéneaux), de matière (enduit gratté), de couleur (nuances de gris)
  • les matériaux sont variés mais tendent à une certaine neutralité (enduit gris gratté ou taloché, pâte de verre, toitures en lés de PVC, clôtures en polycarbonate, parois en parpaings bruts)

TRANSFORMATION
unités de voisinage
Autant il nous importe de s’inscrire avec douceur dans la structure urbaine et symbolique de ce lieu, autant nous avons cherché à « perturber » les modes d’habiter usuels, et ce faisant de proposer des alternatives aux habitudes résidentielles excessivement individualistes attachées à ces territoires
Le principal reproche communément adressé à l’univers pavillonnaire réside en effet dans l’érosion de toute notion de communauté. Nous avons donc cherché à définir les modalités spatiales d’une cohabitation heureuse.

  • réappropriation d’un thème développé par les architectes du Team 10 : l’unité de voisinage / cluster.
  • création de 8 entités rassemblant 6 à 7 logements dans 2 grosses maisons partageant une cage d’escalier, une cour commune, des celliers, et des stationnements.

Une typologie résidentielle hybride

  • structure collective / perception individuelle
  • distribution des fluides (gaz, eau, électricité) mixte
  • collective pour les logements situés à proximité de la cage d’escalier
  • individualisé avec coffrets dédiés pour les autres logements
  • accès individuel pour certains logements en rez-de-chaussée
  • locaux vélos individuels
  • chaudière individuelle
  • Ventilation mécanique contrôlée (VMC) collective
  • externalisation des parties communes

proximité / intimité

  • recherche d’un lien organique entre forme urbaine et organisation typologique
  • La structure spatiale et distributive permet de concilier proximité et intimité, notamment celle des espaces extérieurs.
    – bâtiments en quinconce
    – logements double ou triple orientés
    – loggias creusées dans la masse des maisons
    – orientations variables des loggias (Est / Ouest ou Sud) pour éviter les vis-à-vis
    – vue panoramique pour chaque loggia (trois orientations)

Typologies imbriquées

  • la diversité des logements est enrichie par les différents types d’accès (simplex, duplex, faux-duplex)
  • cette diversité typologique repose sur un principe technique de plateaux libres
  • liberté typologique et flexibilité sur le long terme
  • structure mixte :
    – périmètre porteur en briques (25 cm)
    – noyau ou croisement de voiles béton pour le contreventement sismique
    – dalles champignon (sans retombée) de 30 cm
    – les relevés des loggias sont systématiquement utilisés en poutres retroussées

Aménités domestiques :
– Loggias XXL (10 à 20 m²) fonctionnant comme une circulation alternative
– Séjours carrés ou rectangulaires (grande face éclairée) adossés aux cuisines
– Allège abaissée à 45 cm pour les chambres + ouvrant de service + tablette intérieure

Approche environnementale : BBC Effinergie RT 2005

Bureaux d’étude : CMB (économie), AIA (structure), AREA (fluides)

Programme

48 logements R+2 : 16 T2, 21 T3, 7 T4, 4 T5

Maître(s) d'ouvrage(s)
Types de réalisation
Année de réalisation
2015
Surface(s)
3 155 m² SHAB
Coûts
Bâtiment : 4 621 000 € HT | VRD et extérieurs : 243 000 € HT
Crédit photos
Philippe RUAULT - Stéphane CHALMEAU
Contact
Yves-Marie LECOINTRE 06 14 80 38 19 ymlecointre@silene-habitat.com
Réalisation mise à jour / donnée
septembre 2022