La réalisation considérée s’établit en une zone paysagère au bord de la rivière la Besbre et en limite du centre bourg de la commune de Jaligny Sur Besbre.
En cela, la parcelle concernée s’étire, en angle du chemin du stade, de la rivière la Besbre jusqu’aux premières masses construites du dit centre bourg.
Des bâtiments divers et épars, dont le collège des Chenevières, d’une architecture scolaire typique, se dégagent fortement de par leurs masses et leurs configurations angulaires.
Et ceci, au point de rendre la maison aquarium existante totalement « transparente » aux yeux des passants, ainsi « coincée » entre un bâtiment prégnant et une rivière très présente.
D’autant plus que la végétation existante, ne serait-ce qu’en fonction de la présence d’arbres de hautes tiges très rapprochés les uns des autres, prend « le dessus » sur les espaces libres de tout aménagement.
Le terrain, en légère déclivité, accentue cet effet en raccourcissant, de fait, les distances.
La maison aquarium existante, à simple rez-de-chaussée et coiffée d’une large et basse couverture mono-pente, s’encastre dans le dit profil naturel en pente du terrain au point, là encore, de sembler disparaître dans le paysage.
Une sensation accentuée par la typologie constructive du bâtiment faite de bois et de murs enduits en ton clair.
Un bassin existant, lui aussi très discret, cale l’implantation de la maison aquarium en angle Sud / Ouest de la parcelle, tout en ouvrant, à son approche, le terrain sur son centre, beaucoup plus dégagé que les limites parcellaires.
C’est à « l’intérieur » que l’espace se révèle. Un lieu de quiétude et d’ensoleillement, peu planté.
En fonction d’un programme bâti simple d’extension caractérisé par le besoin de créer principalement de nouvelles salles d’exposition, les nouveaux locaux, plutôt que de « coller » à l’existant, se détachent du volume de base afin d’organiser un véritable dialogue architectural entre différentes entités pour, in finé, créer un ensemble synergique.
En cela, suivant les possibilités et contraintes du site ainsi que les volontés fonctionnelles des utilisateurs, trois « blocs » constructifs autonomes prennent place autour du bâti existant.
Leurs expressions formelles respectives étant simples et identiques afin :
de se rassembler autour d’une construction existante qui ne demande qu’à se révéler,
de se répondre entre eux, suivant un jeu de volumes pertinent et efficace,
de permettre la mise en œuvre d’une écriture architecturale cohérente, identifiable, rigoureuse et pour autant élaborée.
De fait, les dits trois « blocs » constructifs, suivant des parallélépipèdes de base et d’hauteurs différentes, enserrent le volume de base existant afin de créer un ensemble lisible dans son intégralité depuis les alentours.
Les liaisons entre les dits éléments s’effectuant par des coursives basses, totalement vitrées, n’ayant pour objet que de relier le plus discrètement possible, à l’abri, en clos et couvert, des lieux d’utilisation sans jamais écarter les utilisateurs / visiteurs du site paysager d’insertion.
En toute simplicité et sans aucune allégorie, l’effet aquarium est repris d’expression et ceci dans le but d’inscrire fortement, sans ambigüité aucune, sans pancarte d’information, un équipement public dans sa fonction.
Le parcours intérieur est défini comme une boucle de la source de la Besbre jusqu’à la Loire.
Il offre au visiteur de suivre le fil de la rivière au travers des différents aquariums installés en périphérie de l’espace dédié à l’exposition permanente.
La 1ère partie de l’exposition raconte la zone de montagne avec les truites, une zone de transition est exprimée par une paroi verticale intégrant six petits aquarium, l’autre partie de l’exposition raconte la zone de plaine.
Une cimaise centrale dédiée, d’un côté à la montagne, de l’autre à la plaine, exprime la faune et la flore.
Des thèmes complémentaires tels que « le cycle de l’eau », « qu’est-ce qu’une rivière ? » ou encore « le poisson », sont présentés de façon pédagogique, mais aussi ludique, trois aquariums côté plaines intégrés à cette cimaise présentent des écrevisses.
Une attention toute particulière est portée à la lumière, aux matériaux, à l’atmosphère de cet espace, créant une sensation d’immersion.
Une sensation reprise d’effet au niveau de la passerelle créée dans le bassin existant.
Ajourée de percements vitrés, elle permet à tout à chacun de contempler les habitants de ce lieu aquatique et ceci en lien fort entre l’intérieur et l’extérieur.
Le développement scénographique ne devant pas s’interrompre.
En cela, l’aménagement paysager, véritable lieu d’exposition, a été pensé comme une prolongation de l’architecture des bâtiments. Une construction verte à l’image des « aquariums » en polycarbonate translucide.
Cette « résonnance végétale » scénographiée est étroitement liée au parcours intérieur et en reprend les grandes thématiques (l’eau et l’homme, l’eau et son milieu, etc…).
Outre son aspect ludique et éducatif, ce territoire est également défini par une identité de jardin.
Le dessin de l’espace tient compte de la topographie, de l’ensoleillement, de la taille de la parcelle et articule des espaces de parcours et des espaces de détente.
Ainsi, il s’ouvre sur son contexte et se prolonge par un espace public de proximité.
Trois principes ont guidés la réalisation du projet :
Définir une nouvelle épaisseur végétale par la plantation de saules. La déclinaison d’une trentaine de variétés selon trois strates définissant une image associée aux milieux vivants présents le long de la Besbre.
Créer un parcours en réinterprétant la figure du bosquet, la scénographie du jardin étant intimement liée à la création d’une intériorité où les cheminements traversent des états de matières et multiplient les distances.
Mettre en situation, en scène l’eau et ceci suivant cinq thématiques à l’intérieur même du jardin.
L’eau milieu vivant.
L’eau expérimentée : voir et entendre, voir et toucher.
Le cycle de l’eau.
L’origine de l’eau.
L’eau invisible.

Programme

Extension de la maison aquarium de Jaligny-sur-Besbre et scénographie de l’eau douce

Maître(s) d'ouvrage(s)
Année de réalisation
2009
Surface(s)
800 m²
Coûts
549 000 € HT
Crédit photos
Christophe CAMUS
Réalisation mise à jour
septembre 2022
debug, no arrray