Médiathèque

1 rue Marceau, 93170 Bagnolet

OBS-24
Bagnolet, ancien village de maraîchers, doit à la proximité de Paris ses grandes métamorphoses. Tout d’abord, son industrialisation et l’installation d’une population ouvrière dès la fin du XIXe siècle, puis dans les années 1970, avec la création du boulevard périphérique et de l’échangeur, l’apparition d’un nouveau paysage de tours et de dalles. De ces grandes vagues de transformations, la ville a hérité un patrimoine très diversifié. L’implantation de la médiathèque en plein centre avait une double vocation, placer la culture au coeur de la ville et par le biais d’une architecture exigeante, participer à la requalification du site.
Ce dernier est important en terme de dynamique urbaine comme d’usage puisqu’il s’agit de la place de la mairie. Petit bâtiment de style néo Louis XIII (1880, David et Monière fils, arch.), entouré par les écoles, l’hôtel de ville se dresse sur le côté d’une place entourée d’immeubles et d’équipements d’époques différentes. Cet ensemble était le premier aménagement urbain réalisé vers 1880, à l’arrière de la rue principale du village, aujourd’hui encore bordée d’anciennes maisons de ferme. De caractère modeste mais d’un réel intérêt patrimonial, ces vestiges contrastent fortement avec les hautes silhouettes des tours de verre « Les Mercuriales » qui les dominent (1976, A H Milh et S Lana arch.). C’est donc dans un paysage de qualité mais très contrasté que le nouveau bâtiment a été implanté. Venu remplacer en 2002 d’anciens garages municipaux, l’édifice comprend trois étages de logements reposant sur un socle haut de deux niveaux abritant la médiathèque. Ce programme a été voulu par la municipalité de l’époque comme un nouveau lieu d’échange et de services, destiné à redynamiser avec force le centre ville. Situé à un angle de la place, et entouré de deux rues, le bâtiment bénéficie d’une grande visibilité. La Ville s’est portée acquéreur en Vefa (vente en état futur d’achèvement), des deux niveaux du socle de l’édifice, les étages de logements étant vendus en copropriété. Les architectes Olivier Brénac et Xavier Gonzalez ont conçu le bâtiment, mais ont seulement assuré l’exécution des travaux la médiathèque. Les deux programmes se lisent parfaitement en façades. Les parties supérieures ont été dessinées sur un mode très classique (ouvertures régulières, balcons, enduit et brique) et se décomposent en deux bâtiments parallèles qui reprennent l’alignement des immeubles voisins, à la fois sur la place et le long de la rue Adélaïde-Lahaye. En revanche, au rez-de-chaussée, la médiathèque occupe la totalité de la parcelle à l’exception des quatre halls d’entrée des logements et s’ouvre au coeur de l’îlot sur des jardins intérieurs. Ses façades entièrement vitrées sur deux côtés, frappent par leur transparence et la générosité des vues offertes sur l’intérieur. Cette verrière filante permet une mise en relation avec le quartier. Elle facilite depuis la rue une lecture rapide de l’organisation spatiale de l’équipement, montrant délibérément les activités diverses qui s’y déroulent tout en préservant l’intimité et le calme nécessaire au travail et à la lecture. A l’animation intérieure s’interposent les reflets de la vie extérieure. Bribes de façades avoisinantes, ciel, passants……jouent une partition aléatoire en rythme avec l’envers de l’écran et créent une animation constante. A ce mouvement permanent s’ajoute celui de la multitude de luminaires en forme de mobiles qui descendent des plafonds pour envahir les salles de lecture. De jour ils ressemblent à des pétales de fleurs, la nuit la lumière électrique semble gonfler leur forme et les fait ressembler à des flocons de neige, ou à un ban de poissons-lunes, selon l’imagination de chacun. Créées par l’artiste Octavio Amado, les « Mobil Brothers » apportent une supplément de poésie à un espace par ailleurs très élégant. Le mur de verre est protégé dans sa partie basse par une grille en fonte d’aluminium à motif de bambou. On retrouve ces mêmes bambous sur les panneaux de béton matricé qui habille le socle émergent des parkings.
La médiathèque occupe un volume généreux en double hauteur (7 m de haut). Elle se développe en une grande nef à plan libre grâce à une structure de 6 x 12 m, basée sur une trame régulière. Cette structure a permis la création d’un espace flexible autorisant tout aménagement. La section des adultes occupe l’ensemble du rez-de-chaussée ; il est ouvert à la fois sur la rue et sur la place et entoure le patio planté. Les espaces sont délimités par les étagères de livres ou de disques. C’est donc la transparence qui règne en maître à l’intérieur également. L’espace des enfants est installé en mezzanine. Leur domaine est traité comme un grand pont suspendu en laque rouge, d’une portée de 25 mètres, flottant dans l’espace et ouvert de part et d’autre sur le secteur des adultes. Il offre à la fois un lieu très identifiable pour les petits et un belvédère sur le monde des livres. Ce dispositif permet de structurer l’espace, la grande sous face colorée de la passerelle accompagne l’axe d’entrée et signale la banque du prêt. Le traitement du sol suit ce mouvement : parquet de hêtre clair brillant sous la passerelle et de merbeau sombre mat autour (un bois du sud est asiatique) . Le mobilier joue la carte du design, les rayonnages et les sièges de couleurs vives sont signés Arne Jacobsen. La médiathèque est un centre de ressources qui propose en consultation comme en prêt livres, CD de musique ou de films et autres documents, mais c’est également un lieu de rencontre dynamique avec tous les publics. Des projections de films (documentaires comme de fiction), des rencontres avec des écrivains et des expositions (peinture, photos, art plastique, etc…..) y sont régulièrement organisés. De plus, onze ordinateurs permettent l’accès à Internet. L’organisation cohérente offre un accès agréable et facile aux documents, et des espaces de calme propices à la lecture. Environ 10 000 abonnés la fréquentent, venant de Bagnolet comme des communes avoisinantes.

Documents
Programme

Construction d’une médiathèque

Maître(s) d'ouvrage(s)
Types de réalisation
Année de réalisation
2002
Surface(s)
2500 m² (SHON)
Coûts
5 400 000 € HT
Crédit photos
CHABANNES & PARTENAIRES
Réalisation mise à jour
septembre 2022
debug, no arrray