Opération Renoir à La Courneuve - LA COURNEUVE

93120 LA COURNEUVE

OBS-185
La Courneuve, commune de deuxième couronne de la banlieue parisienne est passée au début du XXe siècle du statut de bourg agricole à celui de ville industrielle. De vastes terrains encore libres ont permis au début des années 60 à la ville de Paris de construire la Cité HLM des 4000 (arch. Tambuté et Delacroix). Symptomatique des excès de l’architecture de « chemin de grue », elle est l’objet depuis 1982 d’opérations de rénovations urbaines et architecturales passant souvent par la destruction, comme cela a été le cas pour la barre Renoir (15 étages, 165 m de long). L’opération Renoir s’inscrit dans le cadre du projet de renouvellement urbain « PRU de La Courneuve – ZAC de la Tour » et est destinée à reloger une partie des locataires des bâtiments démolis. Dans ce but, des concertations à différents niveaux ont été menées avec les futurs habitants. Construite à l’emplacement de la barre Renoir et malgré une densité importante (Coefficient d’occupation du sol (COS) de 3), l’opération présente une morphologie urbaine très différente : quatre immeubles en L de 6 étages, implantés perpendiculairement à la voie et séparés par trois cours ouvertes et plantées. Ces cours sont fermées par des murets bas surmontés de grilles, assurant à la fois la transparence de l’îlot et l’unité de l’ensemble. Cette disposition permet le fonctionnement indépendant de trois unités résidentielles. Elle s’inspire du système des HBM (Habitation à bon marché) dans lesquels les cours ouvertes apportaient des espaces de transition appréciés entre public et privé. Chaque plot abrite 24 à 25 logements, quatre par étages. Des duplex occupent les parties hautes et basses. Ils sont distribués par des escaliers accessibles depuis les cours. L’orientation nord-sud des plots a déterminé l’implantation de grands balcons sur les façades sud et sur les pignons. Tous les logements sont à double, voire triple orientations et bénéficient d’un balcon prolongeant les séjours. Les chambres, les cuisines (fermées) et les salles de bain ouvrent sur les cours. Les types de logements sont diversifiés : 1 T1, 25 T2, 32 T3, 29 T4 et 10 T5. Cette diversité génére des façades contrastées, au niveau des formes comme des matériaux, qui s’opposent à la régularité du dessin des barres initiales. La couleur joue également un rôle important d’émancipation par rapport à la rigueur des immeubles des années 60. Il ne s’agit pas d’un décor peint. Au contraire, couleurs et matériaux accompagnent et soulignent les principaux moments de la composition des façades. Les pignons sont à la fois très sombres et très animés. Revêtus de brique noire (côté ouest), ils sont ponctués de balcons en porte-à-faux fermés par des garde-corps pleins, dotés de banquettes, autant d’éléments préfabriqués en béton gris anthracite. Au nord, face à la barre Fontenay, une des dernières barres de l’origine des 4000, le mur est seulement percé d’ouvertures verticales, et entièrement revêtue de brique noire. Ces murs sombres tranchent avec la luminosité des façades tournées sur les cours. Pour le choix et l’utilisation des couleurs, Patrick Germe revendique son inspiration à la fois chez le peintre Mark Rothko et dans les carrières d’ocre de Roussillon. Les étages courants, scandés par des bandeaux anthracites, forment des bandes horizontales orangées et bleu que le mouvement des volets coulissants en aluminium gris, peut modifier à tout moment. Les escaliers, ouverts à l’air libre, créent des failles verticales où se juxtaposent différents tons allant du jaune clair à l’orange vif, le gris clair des menuiseries métalliques et le blanc des plafonds. Ce même blanc se retrouve dans les parties hautes des immeubles, seulement percées d’étroites baies verticales. Les rez-de-chaussée sont traités avec une générosité de matériaux et de couleurs rares : du béton peint au béton poli en passant par le béton matricé le plus sophistiqué, de la céramique noire, des petits carreaux de pâte de verre jaune….. Derrière ce décor, la structure est en béton armé. Les cours-jardin, dotées d’espaces plantés et de jeux pour enfants, sont des lieux réservés seulement aux habitants. Ils y trouvent tous les locaux de services. Le parking en sous-sol est accessible directement par les ascenseurs et les escaliers des immeubles. Une attention particulière a été apportée aux questions environnementales, comme s’y est engagé l’Office depuis 2006 en signant un protocole avec les organismes Cerqual et Qualitel et en adoptant sa propre charte en 2007. De fait l’opération Renoir a obtenu les labels HPE (Haute performance énergétique) et Habitat et Environnement (profil A – respect de tous les termes). Dès la conception le meilleur parti bioclimatique a été pris : bonnes orientations pour les pièces à vivre et notamment implantation des séjours à l’est, l’ouest et le sud, prolongés par des balcons filants (sud) et des terrasses. Les persiennes coulissantes contribuent à la fois au confort thermique en été et à l’intimité des logements. La recherche de performances énergétiques ainsi que de la réduction des charges des locataires a induit certains choix : – un chauffage collectif urbain (Syndicat mixte Géothermie de La Courneuve), produit essentiellement par géothermie (50% environ) avec un complément par cogénération et gaz. – un télé comptage eau froide et chaude qui permet la détection des fuites, ainsi que des dispositifs d’économies sur les consommations (double chasse pour les WC, robinets thermostatiques sur les douches et baignoire, mitigeurs…) – enfin pour l’électricité : des ampoules basse consommation ont été installées dans les cuisines et les séjours ; les parties communes sont éclairées naturellement et le soir par des dispositifs d’éclairage économique, notamment sur dispositif de présence. Afin d’éviter les paraboles en façade, le câblage d’une prise TV supplémentaire jusqu’en terrasse permettra l’installation d’une antenne individuelle sur des supports tubulaires. Cette opération ambitieuse s’intègre dans un vaste programme de rénovation du quartier dont les aménagements urbains ont été conçus par l’architecte Paul Chemetov et où plusieurs opérations de logements et d’équipement ont déjà pris place (voir fiches : Réaménagement de la cité des 4000 à la Courneuve, et 82 logements Plus, architecte : Colboc Emmanuelle). A terme, ce nouvel ensemble constitué de petites unités dont les jardins privés s’ajouteront à la végétation des mails et des promenades, devrait former une nouvelle « ville jardin », bien loin de l’ancienne, essentiellement minérale. Informations complémentaires : Les bétons ont fait l’objet de 3 prestations différentes: 1- Le béton préfabriqué architectonique qui concerne les différents éléments de modénatures : nez de dalles, bandeaux, poteaux, loggias, banquettes, etc…Il s’agit d’un béton de teinte gris anthracite à base de granulats noirs et de ciment gris anthracite, finition courante acidée, ou polie pour les surfaces soumises au ruisselllement. Préfabricateur : ARBECO 2- Le béton peint avec une peinture minérale de marque KEIM (12 teintes) est utilisé pour les parties courantes en façades, et en peinture polyuréthane pour les parties accessibles des cages d’escaliers 3- Le béton matricé recouvert d’une lazure blanche de marque PIERI est employé pour les parties en rez-de-chaussée.

Programme

construction de 97 logements sociaux locatifs

Concepteur(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

7943 m2 (SHON)

Coûts

14,4 millions d'euros HT

Documents

Crédit photos

CAUE 93

Date de mise à jour

12/07/2019