La création de cet ensemble universitaire se fait dans un contexte de démocratisation de l’Université avec un mouvement des villes moyennes qui investissent dans la mise en place de nouveaux sites d’enseignements supérieurs afin de maintenir et développer des activités de conception, ingénierie et recherche. Ainsi, c’est le district du Pays de Montbéliard qui a porté ce projet symbole d’un renouveau économique, culturel et institutionnel.
A l’origine, le programme comprend deux entités d’enseignements de premiers cycles très différents dans leur fonction : Communication et langages des médias et Mesures physiques qui devaient échanger pour mieux se retrouver dans l’entreprise. Cet aspect et les références de l’architecte (rôles et esthétiques des places historiques, réf. « De l’art de bâtir les villes » de Camillo Sitte, 1889) permettent la création d’un espace de rencontre, la place intérieure autour de laquelle sont construits les différents bâtiments et cheminements.
L’implantation et le traitement urbain et architectural de cet ensemble se distinguent des équipements scolaires et sportifs qui existaient sur le site :
– Une double frontalité est créée afin d’articuler les deux voies,
– Des jeux de perspectives sont établis entre les différents espaces de circulation,
– Un travail soigné des matières et couleurs constitue l’identité architecturale et fonctionnelle de chaque bâtiment (les uns font plus références à Le Corbusier, les autres à Carlos Scarpa).
L’on retrouve dans cet ensemble les outils de l’architecte : la géométrie, les proportions et la promenade architecturale, chers à Le Corbusier.
La géométrie met en ordre (réf. « L’esprit nouveau » de Le Corbusier, 1918). Carlos Jullian de la Fuente joue avec les formes, les rythmes, les pleins et les vides sans attachement à la symétrie, par contre, il compose son ensemble par la combinaison de tracés régulateurs obtenus par la déclinaison de rectangles d’or.
A l’image de l’influence qu’a exercée l’architecture moderne, de la Fuente utilise essentiellement le béton comme matériau. Il lui permet de concevoir des espaces libérés de murs porteurs (usage du poteau-poutre) et d’offrir une richesse plastique (jeux des coffrages, textures, peintures, incrustations) pour chacune des enveloppes.
Le projet est en cours d’étude pour une labellisation Patrimoine du XXe.

Source : « Le pôle universitaire Les Portes du Jura », VPAH Montbéliard et CAUE25, 2008

Programme

IUT de télécommunication, une bibliothèque universitaire, deux amphithéâtres, trois centres de recherches et un laboratoire lié aux industriels du secteur.

Année de réalisation
1988
Surface(s)
13277 SHON
Coûts
14 935 032,83 euros HT dont 2 639 016,86 euros HT de VRD
Crédit photos
CAUE 25
Réalisation mise à jour
septembre 2022