Quartier des 3 rivières à Stains : création d’un quartier mixte d’habitats et d’équipements - STAINS

93240 STAINS

OBS-20
SITUATION : Installé sur les terrains d’anciennes entreprises de peinture (Duco et Hoechst), ce nouveau quartier mixte d’habitats et d’équipements d’une superficie de 13 hectares est situé en bordure du Parc départemental de La Courneuve et de sa future extension. Il profite ainsi d’un cadre ouvert et agréable. L’un des enjeux de ce projet urbain a été de faire de ce parc qui est un des plus vastes du Nord-Est parisien, en partie classé site Natura 2000, un élément central pour revaloriser ces friches industrielles et pour donner à la ville de Stains un accès vers ce poumon vert qui lui faisait défaut. Sa géographie révèle une situation d’enclavement qui, à la fois, le protège des nuisances urbaines et l’isole. Cette situation s’améliora à terme notamment avec le renforcement d’une offre en transports en commun, en rabattement vers une des futures gares (la Cerisaie) de la ligne tangentielle nord, située au Nord-Est de la commune stanissoise (connectée à la ligne prolongée n°13 du métro). PROGRAMME : La SIDEC et la ville de Stains ont mené, à partir de 1990, dans le cadre d’une convention publique d’aménagement, une réflexion sur le devenir de ces terrains pollués et en déshérence. À l’origine, ceux-ci étaient traversés par nombre de sources dont trois se nommaient Vieille Mer, Croult et Rouillon ; d’où le nom de quartier des Trois Rivières. Ces réflexions ont engendré un projet de renouvellement urbain qui englobe une opération de logements, la création d’un établissement scolaire et de structures d’hébergement pour travailleurs handicapés et d’accueil pour personnes âgées ainsi que la restructuration d’un complexe sportif et l’aménagement d’espaces publics à vocation écologique et durable. PARTI URBAIN, PAYSAGER ET ARCHITECTURAL : L’originalité et l’innovation de ce projet urbain résident dans la prise en compte du paysage et dans l’amélioration de la qualité de l’environnement. L’enjeu était d’ouvrir ce nouveau quartier sur la future extension du parc et de prendre en considération sa grande échelle. La réalisation d’une large coulée verte piétonne de 700 mètres de long avec deux entrées prévues sur le parc départemental a permis d’articuler ces programmes de logements et d’équipements. Le long du mail piéton, une composition de noues et placettes urbaines inondables est destinée à assurer la rétention des eaux pluviales. Différents traitements paysagers ont été réalisés pour diversifier la présence de l’eau sur le site et aussi pour multiplier les usages des espaces de détente et de desserte piétonne. Une ancienne cheminée industrielle a été conservée et intégrée dans la composition des espaces publics. Ce patrimoine architectural au caractère vertical s’inscrit harmonieusement dans la composition de ce paysage, elle constitue un repère urbain, un point de rupture structurant dans cette conception où prédominent les lignes de forces horizontales. Elle donne une échelle de visibilité lointaine du site. Ce projet paysager a été élaboré, par l’Atelier de l’île-Bernard Cavalié, paysagistes en partenariat avec la direction départementale de l’Eau et de l’Assainissement. Il reste à définir l’aménagement des entrées proprement dites sur le parc et son extension d’une superficie de 20 000 m2 dont le conseil général 93 est le maître d’ouvrage. Le projet a été techniquement mis en oeuvre avec la collaboration des bureaux d’études Ingema et Quetzal Ingenierie hydro. La proximité avec un grand espace ouvert a inspiré aussi de nouvelles typologies de logement avec une densité graduée qui se tourne vers le paysage. Une opération de logements, regroupant maisons de ville accolées et superposées, met en scène l’entrée (future) du parc par le jeu de fausses perspectives et d’ouvertures. Les maisons sont organisées autour de cours intérieures et le long de venelles. Leur hauteur varie du RDC au R+2 pour atteindre le R+6 face à la grande échelle du parc. En bordure du mail et de l’avenue Gaston Monmousseau (principale voie de desserte), l’aménagement de placettes urbaines entre les nouveaux lotissements contribue à créer des continuités fonctionnelles et visuelles avec le parc. Cette opération de logements s’apparente à « une cité-jardin » : « c’est un système combinatoire qui permet une forte densité sans que cela se voit, sans qu’il y ait de promiscuité grâce à un jeu entre les espaces privés et collectifs », conçue par les architectes de l’agence Castro-Denissof-Casi. L’originalité de ce concept a créé la dynamique du marché en attirant le groupe de promoteurs Nexity/Apollonia qui en est le maître d’ouvrage. Il s’agit d’une opération de logement en accession qui s’adresse à des primo-accédants, offrant la possibilité à une population qui conserve des attaches locales fortes de sortir du logement social avec des prix d’acquisition abordables. La future extension du parc intègrera la conservation d’un élément architectural pré-existant promis à une réhabilitation de qualité, la « cathédrale Nobel », formant un point d’appui compositionnel pour le réaménagement de ce secteur qui accueillera de nouvelles opérations de logements. Point fort : La synergie des actions des collectivités locales et des élus, de la volonté de l’aménageur et de promoteurs privés, des aspirations des habitants a donné naissance à un nouveau quartier qui ouvre de réelles perspectives en terme résidentiel et offre une mixité fonctionnelle et d’usage en lien avec la nature. Point faible : La pollution du sous-sol a été très contraignante en terme de coût et d’aménagement : à l’exception de la résidence la plus à l’ouest, impossibilité d’implanter le stationnement en sous-sol, les plots parking ont été intégrés en surface en bordure de la voie de desserte principale accolés aux lots d’habitation. L’aménageur SIDEC (SEM) a pris en charge la dépollution des terrains à bâtir et a réalisé l’aménagement des espaces publics et des équipements : une école maternelle( MO : A5A Architectes), résidence salariés handicapés ( MO : Archivox), et l’EHPAD (MO : SARL Servière Architecte) . L’enclavement géographique et la faible desserte en transports en commun contribuent à excentrer ce secteur du territoire communal. ZOOM SUR LA COULEE VERTE : L’unité de la coulée verte, d’une largeur moyenne de 13 mètres est affirmée par un axe majeur continu, le mail piéton, qui est d’un gabarit à peu près constant (de 2m50) et dont le traitement de sol est relativement continu. Il est cadré tout du long par une haie arbustive qui assure un écran entre le domaine public et le domaine privé, et par un alignement planté d’arbres tiges composé des mêmes essences de l’extrémité sud à l’extrémité nord du mail. Elle est rythmée par des espaces qui s’ouvrent sur la ville : les placettes et le parking. Elle est affirmée également par l’évocation concrète de la présence de l’eau, dans le modelé du sol, qui est diversifiée selon des séquences. Trois séquences paysagères s’enchaînent : la prairie de jeu en entrée sud du mail, la zone  »humide », la place et la promenade urbaine. La première séquence a un double statut : elle constitue à la fois une « anti-chambre du parc » et une « dilatation » de la coulée verte. Le chemin piéton, en entrée du mail, s’ouvre sur une noue (en pente douce) transformée en prairie de jeu. Ce lieu se caractérise comme étant un lieu de passage et un lieu d’usage. La deuxième séquence est la plus marquée par les eaux de pluie. Un contact plus « intimiste » se crée entre le nouveau programme résidentiel Apollonia et le Parc de la Courneuve. En limite du chemin piéton, le fil d’eau est déporté en pied du ponton pour que l’usager se rapproche de l’eau. La troisième séquence est plus urbaine. Une place minérale inondable pénètre dans le tissu résidentiel. À l’extrémité sud de cette place, une ancienne cheminée industrielle a été conservée à son emplacement d’origine et intégrée telle quelle dans la conception de cet espace.