Projet présenté lors de la Semaine de l’Architecture 2014 du CAUE de Loire-Atlantique.

Propriété de la ville de Carquefou, le site du manoir des Renaudières est le résultat d’une accumulation, au moins depuis le 15e siècle, de traces historiques et de destructions successives.
La lecture historique et architecturale est brouillée au fil du temps, du fait de modifications et ajouts successifs. Un exercice de décryptage est néanmoins indispensable dans le cadre d’une intervention contemporaine, dont le parti pris est de redonner une lisibilité à cet ensemble.
Les ressources en archives sont assez rares. Les principales ressources pour comprendre le site, sont les constructions elles-mêmes. C’est donc avant tout l’observation attentive des structures en place, et des différents systèmes constructifs, qui ont orienté les choix de conception. Pour ce faire, l’architecte a été assisté dans son travail par un bureau d’étude spécialisé en maçonneries anciennes.
Il a ainsi été possible de décider des ouvrages qui pouvaient être supprimés, de ceux qui devaient être remplacés, de ceux qui pouvaient être reconstitués, et enfin de ceux qui ont pu être créés.
Chaque intervention nouvelle se doit d’être évaluée de façon à ne pas provoquer de contresens par l’apport d’ouvrages inappropriés. Elle doit aussi ne pas compromettre l’avenir, en évitant les destructions irréversibles des éléments de valeur.

Exemple d’ouvrage supprimé :
le mur en pierres et la structure de plancher de la boulangerie, de construction tardive, et dont la conception maladroite occasionnait des désordres importants sur les maçonneries en place et sur le four à pain, a été démoli. Ce qui a révélé une structure préexistante en pans de bois, en mauvais état, qui a pu être restituée.

Exemple d’ouvrage remplacé :
le four à pain réalisé en voûte de briques était en mauvais état et hors d’usage, avec des dommages consécutifs au système de poutraison du plancher qui appuyait dessus. Destiné à être remis en service pour des occasions festives, cet ensemble constitué de deux fours, dont un grand de 2,75 m de diamètre, et un plus petit à usage de four à pâtisserie, a été entièrement déposé, puis remonté à la terre avec des briques neuves. La même terre issue de la dépose a été réutilisée pour le nouveau four.

Exemples d’ouvrage reconstitué :
la lucarne en façade sud du bâtiment du « Cors de Chasse », était très dégradée, les moulurations avaient en partie disparu, et elle présentait une physionomie avec un fronton triangulaire. Or, des photographies du début du XIXe siècle la montraient surmontée d’un tympan semi-circulaire. L’analyse de cette photographie nous a permis de la dessiner et de la restituer telle qu’elle avait été. L’architecture de cette lucarne apparait cependant incongrue, implantée sur un ouvrage secondaire de dépendance (remise, étable, écuries,…). Nos analyses nous conduisent à penser qu’il s’agit d’un élément de réemploi, issu du logis principal qui devait présenter à l’origine un étage supplémentaire percé de plusieurs lucarnes de ce type, avant d’être peu à peu démantelé et reconfiguré en logis de ferme.

Exemple d’ouvrage créé :
La réutilisation en local d’exposition et de bureau du bâtiment du « Cors de chasse » a imposé de recourir a des procédés inexistants par le passé. La réalisation d’une isolation thermique s’est avérée nécessaire, ainsi que l’apport de lumières naturelles et l’adaptation aux exigences d’accessibilité et de sécurité incendie. Des procédés constructifs et des matériaux compatibles avec l’existant ont cependant été mis en œuvre, tels une isolation des murs en béton de chanvre, un sol ventilé en béton de chaux, un isolant en liège et un revêtement de terre cuite. Il est essentiel de prendre en compte la gestion de l’hygrométrie et de mettre en œuvre des matériaux perméables à la vapeur d’eau. (d’après un texte de présentation de Bruno BELENFANT, Atelier BELENFANT & DAUBAS)

http://www.latelier-belenfant-daubas-architectes.org/

Programme

Restauration et rénovation d’anciens bâtiments du 16e au 19e siècle : logement, remises, salles, four à pain.
Réhabilitation en salles d’exposition et de réunion, four à pain et bureaux

Maître(s) d'ouvrage(s)
Année de réalisation
2013
Surface(s)
365 m²
Coûts
780 000 € HT
Crédit photos
Jean-Dominique BILLAUD
Réalisation mise à jour / donnée
octobre 2022