Rénovation du Musée de l’Abbaye

3 place de l'Abbaye, 39200 Saint-Claude

La rénovation architecturale : un musée dans une habitation

Façade paysage
L’architecture du musée témoigne d’une recherche sur la “façade paysage”. Ainsi, le traitement de la façade répond à deux objectifs : il s’agit d’un bâtiment public qui appartient à un alignement de constructions d’habitations.
L’expression du projet, le choix des matériaux, la cohérence globale s’est donc construite sur une ambivalence : l’appartenance du musée, comme bâtiment public, à un ensemble composé de logements. En s’insérant dans cet ensemble de logements, une logique de continuité historique du lieu pouvait être interrogée. Mais, c’est aussi l’idée que l’architecte se faisait d’un musée où l’on exposerait les oeuvres comme dans le salon d’une quelconque habitation contemporaine. Par la suite, l’entrée de la lumière naturelle, la dimension des pièces, le traitement de la lumière artificielle, les ambiances intérieures (dimension des pièces et bois au plafond / à la française) concourent à faire de ce musée un lieu exceptionnel bâti en rapport à des questions domestiques liées aux logements.
Façade volume
Côté “jardin”, l’architecte a conservé l’ancienne façade mais lui a ajouté une extension contemporaine, composée comme un volume typique des constructions jurassiennes. Les fenêtres et la verticalité de la façade s’expriment ainsi pour dialoguer avec leur environnement. La partie basse et vitrée de la façade permet des jeux de transparence : les visiteurs aperçoivent la silhouette des baies en arc brisé des deux chapelles de l’ancien palais abbatial.
D’autre part, pour concevoir le revêtement, l’architecte s’est approprié les traditions de construction jurassiennes en s’inspirant des tavaillons de bois qui protègent les façades exposées aux intempéries. Il a transformé le matériau de base, passant du zinc à un alliage cuivre / aluminium et a ainsi recouvert toute la façade ce qui lui donne cet aspect “doré”. Il a joué également sur l’instabilité du matériau, mat les jours de temps gris, brillant les jours ensoleillés.
Intérieur et lumière
Les espaces intérieurs bénéficient d’une recherche esthétique particulièrement poussée : lignes pures, couleurs claires, matériaux nobles. Le contraste est réel par rapport à l’extension contemporaine. D’autre part, les espaces intérieurs se réfèrent à l’idée d’un rapport domestique qu’entretient l’art dans une maison quelconque. Cela renvoie aussi à l’idée d’un espace où l’art, même s’il est exigeant, serait présenté dans une ambiance proche de celle d’un logement. Enfin, toutes les salles bénéficient d’une lumière particulière proche de la nature de la collection, liée en grande partie à la question du paysage. Un dialogue se crée ainsi entre l’intérieur et les vues de l’extérieur. Le visiteur se retrouvera, ainsi, dans un espace ouvert et lumineux qui garde les proportions des pièces d’habitation transformées en salles d’exposition.
(Texte Agence Scaranello)

Programme

Restructuration Extension
(Collection Guy Bardone – René Genis, Musée de France)
Exposition temporaire : 170 m3
Exposition permanente : 500 m3
Bureaux : 140 m²

Types de réalisation
Année de réalisation
2008
Surface(s)
1105 m² SHON
Coûts
2.14 M € HT
Crédit photos
Photos 1, 2 : Robert Le Pennec / Photos 3 (sculpture G. Richier), 5 à 9 (expo temporaire F. Petrovitch) : Pierre Guénat / Photos 2, 10 : Agence Scaranello
Réalisation mise à jour / donnée
septembre 2022