Résidence de Talant - Dijon

21000 Dijon

Architecture du XXe en Côte-d’Or

Comprenant des logements, des bureaux et des parkings, la résidence est construite pour un promoteur parisien à l’emplacement d’un ancien parc situé en cœur d’îlot. Le retrait nécessaire par rapport à la rue et la configuration peu ordinaire de la parcelle conditionnent l’implantation du projet et sa division en trois unités. L’ensemble s’ouvre sur la voie publique par un immeuble-pont occupé par  les bureaux. Les logements sont contenus dans une barre de 10 niveaux perpendiculaire à la rue et dans un petit immeuble de 3 étages. Le volume bas des bureaux établit la continuité avec les constructions du quartier. Il fait office de porte monumentale de la résidence et assure la transition entre le bâti environnant et la pièce majeure du projet, la barre de 9 étages. Les trois entités semblent adopter des partis architecturaux différents ; le mur-rideau est toutefois une récurrence et le rapport à l’extérieur est chaque fois privilégié. L’immeuble principal présente des élévations lisses rythmées par une alternance de bandeaux pleins et vitrés. Les façades des appartements sont presque entièrement ouvertes ; la finesse des allèges doit permettre aux habitants de profiter de la vue en position assise. L’intégration réussie des fluides et des radiateurs derrière des façades aussi largement percées justifie à elle-seule l’intérêt que la résidence peut susciter aujourd’hui. Exposée au sud, la seconde barre de logements affiche un empilement de boîtes – celles-ci contiennent les séjours-, dont le décalage et les porte-à-faux ménagent des terrasses et permettent de supprimer les vis-à-vis terrasse-séjour.
La résidence de Talant apparaît comme la pièce maîtresse de l’œuvre locale de Paul Joly-Delvalat. A la fin des années 1950 et dans les années 1960, l’architecte signe à Dijon et dans la couronne dijonnaise un nombre certain de constructions de qualité : villas (ex : à Talant, à Savigny-le-Sec, à Chevigny-Saint-Sauveur), immeubles de logements, édifices industriels (ex : laboratoires Fournier à Chenôve, 1966). L’écriture moderne de ces réalisations se manifeste aussi bien dans des formes sobres que dans le choix des matériaux (béton, verre) et dans les procédés de construction utilisés (fréquence du mur-rideau et des structures métalliques). Formé à l’Ecole supérieure des arts appliqués et à l’Ecole des arts décoratifs, Joly-Delvalat a également suivi des cours à l’Institut d’urbanisme. Il débute sa carrière en région parisienne et exerce alors aussi bien en tant qu’architecte que décorateur : il dessine de la vaisselle pour la maison Robj puis des paquebots et des locomotives chez Henri Pacon, architecte de la compagnie Transatlantique et des chemins de fer de l’Etat; il conçoit des intérieurs. En 1933, il s’installe à Dijon où il enseigne à l’école des Beaux-arts et développe son activité jusqu’en 1978.

Extrait du Guide d’architecture en Bourgogne 1893-2007- Éditions Picard –  2008

Maître(s) d'ouvrage(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

Non communiqué

Coûts

Non communiqué

Crédit photos

CAUE 71

Date de mise à jour

20/10/2016