Résidence « Les Passerelles » - POMMIERS

69480 POMMIERS

L’idée de construire une opération d’habitat dense sur les anciens vergers au contact du village de Pommiers est ancienne, bien antérieure aux lois Grenelle et aux directives du Scot qui ont incité plus tard à la densification urbaine.
Mais la dureté foncière a très longtemps déçu les ambitions de la collectivité. C’est le montage financier du bailleur HBVS coordonné à l’application du droit de préemption urbain qui aura finalement permis de débloquer la faisabilité opérationnelle du projet.

Désignés au terme d’un concours de maîtrise d’œuvre, les architectes de l’agence TAO ont proposé de diviser le programme initial de 20 logements locatifs et 4 locaux professionnels en 4 bâtiments distincts, étagés dans la pente. Leur plan masse développe un axe de composition Nord/Sud et un léger décalage des volumes en Est/Ouest ce qui permet à la majorité de logement de bénéficier à la fois d’une baie sud et de la vue panoramique sur les Monts du Beaujolais.

Mais c’est peut-être pour son insertion urbaine dans le tissu villageois que l’opération est la plus convaincante : vue depuis l’amont, côté Est, le long de la route nationale, mais aussi plus furtivement, dans les perspectives du village, l’opération s’inscrit sans rupture, dans un environnement bâti pourtant hétérogène constitué de bâtisses anciennes, d’un tissu de maisons groupées et d’une petite galerie commerciale construite dans les années 80. Les gabarits, dont les hauteurs varient du R+1 en limite Nord au R+2 coté centre bourg, procurent aux ouvrages une silhouette familière, proche des habitations voisines.

Depuis le haut du site, qui constitue l’accès privilégié par la route, on accède à une nappe de parking extérieure qui concentre l’ensemble des stationnements résidentiels à l’écart des habitations, offrant par conséquent un environnement totalement apaisé au pied des habitations. Echappant à l’écueil de la clôture résidentielle qui aurait confisqué le site, le cœur de l’opération devient partie prenante de l’espace public du village qu’il prolonge sur un mode piétonnier malgré une topographie contraignante. Il faut saluer ici une maitrise d’ouvrage et une collectivité qui ont su mener, parallèlement au projet de construction proprement dit, la mise œuvre d’espaces extérieurs publics qui font véritablement éclore le potentiel d’urbanité du plan masse.
Il manque malheureusement un ou deux mètres de profondeur aux micro-jardins privatifs en rez-de-chaussée pour vraiment créer la distance d’intimité suffisante avec l’espace public.

Tous les appartements sont traversant Est/Ouest, y compris pour les logements T2, ce qui est très appréciable en termes d’ensoleillement en hiver et de ventilation rafraichissante en été, même si la contrepartie se paye quelque peu en terme d’éclairement naturel en cœur de plateau.
Chaque logement dispose d’une entrée individualisée accessible depuis l’extérieur. via un petit sas en excroissance sur la façade, sorte de petite vestibule, à la fois sas thermique et petite serre-véranda, qui s’interpose au devant de l’espace privatif. Passé cet espace, on débouche directement sur la cuisine, un parti pris iconoclaste qui fait de cette pièce un passage obligé un peu embarrassant pour accéder au reste du logement…

L’écriture architecturale, d’expression contemporaine, mais fortement empreinte d’inspiration vernaculaire, aurait peut-être mérité davantage de sobriété, notamment dans l’utilisation des matériaux un peu trop foisonnante : des poteaux en bois qui rappellent les colonnes des galeries d’habitations traditionnelles du Beaujolais, des enduits de façade, teintés dans une tonalité chaude proche de celle des terres locales, de la pierre dorée, qui se manifeste dans les ouvrages de soutènements en gabions, des vêtures en aluminium laqué en façade Est, des bardages en clins de douglas à l’ouest, des aciers galvanisés dans les structures de passerelles et de balcons …

Cette opération d’habitat intermédiaire, sorte de troisième voie entre le collectif et l’individuel, n’en demeure pas moins un exemple pour toutes les communes rurales à la recherche de solutions d’extensions respectueuses de leurs paysages.

Texte CAUE Rhône Métropole

Programme

Construction de 20 logements intermédiaires locatifs (T2, T3) et de 4 locaux professionnels

Concepteur(s)

Types de réalisation

Année de réalisation

Surface(s)

2072 m2 SHON

Coûts

2 436 000 € HT

Crédit photos

©TAO Architectes

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Date de mise à jour

30/06/2016