Construire le nouveau restaurant scolaire de Saint-Léger-sur-Dheune, c’est construire le lieu où les enfants du village et des environs vont passer le plus grand moment de détente de leur journée.
Ce bâtiment a été imaginé comme une maison, avec un toit, où il fait bon se réfugier lorsqu’il fait froid dehors et que le brouillard de la Dheune s’élève. Mais ce n’est pas une maison comme les autres. Il faut qu’on la reconnaisse dans le bourg pour comprendre que c’est un bâtiment public. Sa forme est lisible, autonome, et on repère ce nouveau bâtiment à la suite des autres équipements publics le long du mail.
A l’intérieur, les pièces sont une succession d’entités ayant chacune sa forme propre et son propre usage : le hall, la grande salle, la salle haute, les cuisines, les locaux de service. Les deux salles nobles, la grande salle et la salle haute se distinguent par leur toiture à 4 pans qui se termine au faîte par un oculus. La perception du volume de chaque toiture donne un sentiment d’unité et d’identité spécifique à chaque salle. En plan, ces salles se désaxent l’une par rapport à l’autre de manière à créer une vue diagonale qui offre une sensation de profondeur au sein d’un même continuum spatial. Ce déhanchement permet de créer différentes vues sur l’extérieur : certaines sur le chemin d’accès au Nord, d’autres sur le parvis et vers le mail à l’Est ou encore à l’Ouest sur un petit patio. Ainsi, à chaque heure de la journée, le soleil éclaire généreusement l’espace ; cette lumière directe étant encore renforcée l’oculus qui capte le Sud et éclaire l’espace en hauteur.
Nous avons choisi d’utiliser un élément que l’on retrouve régulièrement le long du canal de la Dheune: le mur de tuiles.
La proximité de tuileries locales, notamment de la tuilerie Perrusson à Écuisse (1860) et la Grande Tuilerie de Bourgogne de Montchanin (1858), fournissait avec la tuile mécanique un matériau bon marché et en grande quantité. C’est ainsi que, contre toute attente ou toute logique structurelle, on peut voir édifiés, ici ou là, des murs où des tuiles mécaniques sont assemblées au mortier avec parfois des effets de motif suivant l’appareillage mis en oeuvre.
Deux types de tuile ont été utilisée : une tuile plate petit moule, traditionnel avec un panachage de teintes et une tuile mécanique losangée orange pour les toitures aux pentes les plus douces. Ces deux natures de tuile répondent à la diversité des tuiles des toitures existantes dans le village. La clôture Sud de la parcelle du nouveau bâtiment est ainsi construite avec un mur de tuiles. Cet assemblage inhabituel et pourtant caractéristique des environs est un thème que nous avons choisi de développer pour témoigner de l’identité du lieu.
Sur la base d’une structure en béton armé, un parement de tuile mécanique a été rapporté, pris entre des poteaux de béton. La tuile utilisée est une tuile de récupération trouvée dans un village à une vingtaine de kilomètres sur le chantier d’un confrère.
Le calepinage a été étudié avec l’entreprise de gros oeuvre grâce plusieurs prototypes réalisés à sec.
La terre cuite est aussi utilisée en toute logique pour la couverture de 3 des 4 corps de bâtiments. Chaque bâtiment présente un volume et une toiture (forme de pente) qui lui est propre.
Sur le site légèrement en hauteur, le bourg de Saint-Léger apparait comme un paysage de toitures.
La géométrie générale du bâtiment et de ses toitures s’intègre dans ce paysage en cherchant une forme de continuité avec le bâti traditionnel.

Charles-Henri Tachon architecture & paysage

Programme

Construction d’un nouveau restaurant (accueil restauration, cuisine, locaux du personnel et technique pour accueillir 117 rationnaires élèves de maternelle et élèves de classe élémentaires) et aménagement des espaces extérieurs à proximité

Maître(s) d'ouvrage(s)
Année de réalisation
2022
Surface(s)
412,63 m2 SU bâtiment, 299,50 m2 aménagements extérieurs
Coûts
1 346 161 € HT
Crédit photos
Nicolas WALTEFAUGLE ; CAUE 71
Distinction(s)
Grand prix la Tuile Terre Cuite Architendance 2022
Réalisation mise à jour
décembre 2022